Sans temps ni sens, poème écrit dans la peau de Maius

Déjà si longtemps
Trop longtemps
Depuis ton dernier sourire

Je cherche les mots
Un style, une allégorie, la moindre originalité pour lui rendre hommage
Mais c’est vain…

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Trois fois

Trois fois.

Seulement trois.

Peut-être deux…

À part moi, qui se souvient du nombre exact de fois où il a pu bien se mouvoir dans la salle de bains, la lumière grassement allumée ? À part moi, qui restait toujours dans les ténèbres pour ne jamais se croiser dans un miroir ou pire, être vu ? Déjà que je devais endurer les néons de l’école et la lampe tamisée des soupers de famille… Je mangeais de plus en plus vite et j’ai rapidement abandonné l’école.

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J'ai été renvoyé…

Aujourd’hui, j’ai été renvoyé.

« J’ai une mauvaise nouvelle pour toi, on ne te gardera pas. »

J’entends encore sa voix de gars qui s’en fout résonner à travers le combiné du téléphone.

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[Poème] L'habitude des gris égocentriques, version 2

Des discussions lentes, balisées,
contrôlées par un être cher.
Un verre, de la boucane, des endroits gris,
dans une ville qui resplendit pourtant de vie.

Inutile de me le répéter,
je sais qu’il n’y a aucun mot à dire,
qu’à moins de déranger les moeurs, les habitudes,
il faut se contenter de suivre.

Les dés lancés depuis longtemps,
leur langage devient mien,
leur sourire une excuse pour me taire.
Je suis le miroir des aveugles.

Je suis Nara, le pantin du vide !

Laissez-moi tout de même rêver d’un chaos soudain,
violent,
sans précédent,
inimaginable !

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Sans réponse

Attendre
Sa vie entre les mains du temps
D’autrui
D’une paperasse sans logique

Vos formulaires, vos demandes, vos cases, vos questions
Que des leurres
Le rire d’un système inhumain
D’un système d’exclusion

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"Pis t'as rien faite", par Michael

T’as rien faite
Tu l’savais depuis que le monde est monde
Pis t’as rien faite
T’as juste abandonné, t’as juste pas essayé

Pourtant, tu l’savais que je pouvais en crever
Tu l’savais encore plus que moé
Mais t’es resté là à me regarder
Comme si le ciel était déjà tombé

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"La culpabilité", poème écrit dans la peau de Kane Seigni

Coupable
De ces jours qui passent
Meurtrière
Du manque de sens

Une hache de guerre
Quelques tremblements
Se satisfaire de peu
Prisonnier de sa haine

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Annesse Boisjoli, fiche du personnage

Annesse rêve d’un monde meilleur et elle agit en conséquence. À cinq heures tous les matins, dès que son cadran laisse jaillir sa chanson préférée, La petite fille à onze doigts par un dénommé Nonoco, elle ne pense qu’aux autres, qu’à des moyens d’apporter un peu plus de bonheur dans leur vie.

Organisée, Annesse ne s’oublie pas pour autant ; elle pratique toutes les disciplines qui l’intéressent, telles la natation, la lecture, la cuisine et sa collection d’insectes. Il s’agit de la plus grosse du pays puisqu’elle a été commencée par ses arrières grand-parents, leur descendance vouant un très grand respect aux traditions. D’ailleurs, voilà la valeur la plus importante aux yeux d’Annesse, la famille.

La jeune femme voue également un certain intérêt pour la mort.

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"Légèreté", par Dami

Elle m’apprend la vérité. Je comprends que je ne vivrai plus à travers elle, plus jamais. Je devrais pleurer, je devrais crier, mais non, je souris. Une légèreté soudaine me rend visite ; une légèreté proche de la folie, je suppose. Elle ne comprend pas, tente de me retenir, pleure et crie à ma place. Je ne suis plus rien, elle n’est plus rien, le monde n’existe plus, tout flotte à la dérive, sans but, en silence.

Je ne ressens plus leur amour, tout ne devient qu’euphorie, qu’incohérence, plus rien ne me semble utile et plus aucune culpabilité ne m’habite. La mort ne m’effraie plus, ni la vie. Je pourrais tout accomplir, tout détruire sans même le ressentir. Je souris, tout simplement, grâce à cette sorte de dérision, ayant atteint la limite de l’espoir. Croire ne m’effleure plus l’esprit, à présent, plus rien n’a d’importance.

Je décide de profiter de ce moment pour mourir, pour partir et en finir.

Elle tente de me retenir, elle ne me reconnait plus. Malgré leur douceur, mes mots ne l’ont jamais autant heurté. Je ne dis rien contre elle, je ne parle que de la vie en général, de cette farce d’y participer. Je mentionne ce vide, ces sentiments vains et oubliés, ces liens de passage et les autres qui blessent. Je me censure ici. À cet instant, mes mots transpirent l’enfer et l’acte suivra sous peu, prêt à tout pour rire.

Mes mots sont de plus en plus violents, de plus en plus fous.

Elle m’embrasse.

Je reviens sur terre, à moitié… elle m’a sauvé.

Un an plus tard, je souris de nouveau, presque de la même façon, prêt à te rencontrer, Folio Mentol.

Dami

Dominic Fortin-Charland
17 mai 2011