Une lettre d'Enrico à son grand-père

L’écriture du roman de Supermoi vs le Maire officiellement débuté depuis un moment, j’ai écrit hier l’une des lettres qu’envoie Enrico Toupin (alias Supermoi) à son grand-père, Dotovipe ! La voici la voilà en attendant la version bêta du préambule qui ne serait tarder !

🙂

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Une éternelle nuit blanche rêve d'une belle de jour

Une centième nuit blanche à jouer le jeu d’une errance contre nature pour le salaire minimum d’un commis censitaire des besoins du profit. J’aimerais croire que cette manière de vivre se veut aussi humaine que marcher de jour, en même temps que le reste de la société, mais je m’interroge.

Je faiblis…

Mon sommeil a cessé de rêver, mes pas également. Plus les jours… pardon, plus les nuits passent, plus malgré la fatigue exubérante, je dors très mal lorsqu’il le faut et bien à n’importe quel autre moment. Plus nuits constatent mon éveil, plus elles s’immiscent dans mon cerveau, le rendant plus aigris, plus las, moins patient, comme si la fatigue mentale, de pair avec le corps, me boudait, tout simplement.

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Adame Toupin, le père d'Enrico (Supermoi)

Le jour où Constance, sa femme, lui annonça qu’il allait être papa, Adame Toupin se prit en main. Voulant assumer les responsabilités de père de famille, il quitta une partie de ses rêves et trouva un travail de vendeur d’espaces publicitaires au sein d’une grande entreprise dans laquelle a jadis travaillé son père, Dotovipe. L’artiste laissa tomber sa jeune carrière, ses chansons et ses poèmes, cherchant une certaine stabilité.

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"Exergue", par Honeive

Je me tue
Exergue
Quarante heures et des misères
Un suicide lent, protocolaire

Je marche, cours, panique
Dix trajets, aller et revenir
Vingt heures et des poussières
Pour un travail précaire

Devenir un automate malade
Se soigner durant les temps libres
Adsorber, masser, crier, s’effondrer
Un restant d’heures éphémère

Une centaine d’heures par semaine
À tourner autour d’une vie
Des responsabilités prioritaires
Au travers des coûts en hausse, de la pauvreté majoritaire

Répéter le cycle des années durant
Une partie du salaire au gouvernement
Une autre à je ne sais quels inconnus cravatés, maîtres des programmes inachevés
Travailler pour quelques riens, pour demain

Qui n’arrivera peut-être jamais

Puis…

Ma femme enceinte de triplets
Un choc
Constater que le temps m’empêchera d’être père
Du moins, de la manière que j’aurais espéré

Neuf mois pour réapprendre à rêver
Pour trouver le remède à cette maladie du salarié
Pour jouer avec mes enfants
Pour vivre sans exergue, loin de l’argent et ses maladroites chimères

Je me bats
Je cherche
Quarante heures à jouer le censitaire
Un suicide lent, temporaire

Honeive

Dominic Fortin-Charland
3 mars 2012