Trois fois

Trois fois.

Seulement trois.

Peut-être deux…

À part moi, qui se souvient du nombre exact de fois où il a pu bien se mouvoir dans la salle de bains, la lumière grassement allumée ? À part moi, qui restait toujours dans les ténèbres pour ne jamais se croiser dans un miroir ou pire, être vu ? Déjà que je devais endurer les néons de l’école et la lampe tamisée des soupers de famille… Je mangeais de plus en plus vite et j’ai rapidement abandonné l’école.

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Paolino Crocus, fiche du personnage

Paolino Crocus salive souvent, il rêve de chasses, d’orgies de proies. Les femmes et les drogues, il les consomme toutes à l’excès, son excitation et sa dépendance ne trouvant jamais le repos ; repos qu’il ne désire pas de toute façon. Cet adolescent de vingt-quatre ans n’a que faire de l’avenir ou du passé, peu importe toutes celles qu’il a baisées sans lendemain, sans condom, sa seule vocation est d’en baiser beaucoup d’autres en améliorant jour après jour son baratin qu’il connait mieux que lui-même.

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Neige, fiche du personnage

Neige rêve de la pluie, du jour où l’eau s’écoulera à nouveau sur ses joues glacées. Il en rêve sans en souffrir, appréciant se perdre parmi les nuages, « ses meilleurs amis ». Paisible, doux, ce bohème surréaliste ne cesse jamais de sourire, comme s’il y avait deux trois arcs-en-ciel entre lui et le reste du monde… ou un mur, tout simplement ; Neige conçoit la vie à sa façon, comme s’il n’était qu’une feuille bercée par une petite brise et qu’il flottait au-dessus de l’humanité, sans réellement en faire partie.

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"Pis c'est toute", par Michael

Ça se maquille
Pis ça sourit
Ça dit que ça a pas de coeur
Pis ça rit

Ça se promène les fesses à l’air
Victime d’sa nymphomanie
Subissant tous les petits moineaux
Qui s’en contrefichent de son nid

Pis ça gémit…

Petite salamandre, écoute moé ben
J’suis pas certain
Mais j’suis pas un crétin
J’le sais que t’es pas ben

N’aie pas peur, j’serai pas comme eux
Je te donnerai pas l’heure
Encore moins des fleurs
Mais j’prendrai soin de toi, j’pense que je suis amoureux

Ouais, on se connait peu, mais si tu veux de moé
Accroche-toé
J’vas te le faire oublier
Lui pis tous les autres qui t’ont brisé

J’vas te montrer
C’est quoi monter
Ben ben haut
Là où y’a pu de semblant ni de maux

Pis si t’en trouves encore
Crie leur nom ou toute ta haine jusqu’à ce qu’ils disparaissent
J’aime toute de toé de toute manière
Surtout quand ça dure toute la nuite

Ouais…
Frappe-moé
Insulte-moé
Vomis-moé
Comme si j’étais eux

Je serai ton dépotoir
Ton exutoire
J’suis là pour ça
Ton remède à c’te marde là

Pis hésite pas, serre-moé pis pleure un peu
C’est pas laid, c’est pas faible
J’pleure aussi des fois
Sans trop savoir pourquoi

Ce qu’il a fait à ma mère
Ce seul souvenir, cette stupide carte postale…
Ouais, peu importe…
Toi t’es encore là

Pis peut-être qu’un jour, tu m’aimeras un peu
J’sais que tu reviens de loin, j’suis pas pressé
Les jugements, c’est pas mon fort
Perdue, hystérique, sauvage, nympho, c’est juste des termes pour dire que tes belles

Petite salamandre…

J’en baverai
Pis c’est toute
J’te baiserai
Pis c’est toute

J’t’aimerai
Pis c’est toute

Michael

Dominic Fortin-Charland
12 janvier 2008 et nouvelle version le 12 mars 2012

"Une histoire d'hiver", par Dami

Une fois, j’ai souri.

C’était il y a ben ben longtemps, j’étais un adolescent et comme ben des adolescents, j’avais des boutons, je mangeais un peu trop de poutines à la cafétéria et j’avais perdu foi en l’humanité. Pendant que mes amis perpétuaient la tradition en subissant divers cours aussi « palpitants » les uns que les autres, je me promenais en forêt pour prendre une pause de bruits et tenter de calmer ma rage contre toute… pis moi-même.

Comme ben des adolescents (et des adolescentes, ne soyons pas sexistes), je me détestais.

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D.U.A.M., brouilon de la première scène de l'épisode 3

En attendant l’épisode complet (plus long que les autres à retravailler), voici le brouillon de la scène qui débute l’épisode 3. Il s’agit d’un extrait du passé de Malias (Maze Beyame étant son ancienne identité) que je vais bien sûr couper pour ne pas vous gâcher la surprise sur ce que Malias a réellement fait pour être recherché par la police et décider de ne plus jamais se lever de son divan. Malias, salaud ou héros ? Vous le saurez très bientôt…

Attention, certains propos pourraient choquer, déconseillés au moins de 13 ans !

L’extrait en question :

Ses doigts tapotent sa seule et unique bière de la soirée.

Pourtant, son esprit s’embrouille. Mis à part l’affiche du restaurant bar La Petite Populace qui clignote derrière la serveuse, juste au-dessus du comptoir devant lequel il est assis, rien d’autre ne lui rappelle qu’il est dans l’un des endroits les plus chics, paisibles et protégés de la ville. L’espace d’un moment, Maze Beyame, agent de sécurité de l’établissement, s’imagine être quelqu’un d’autre, ailleurs.

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Un refrain

La fin
Des femmes et des hommes qui jouent et s’enivrent
Un refrain
Un crime

Leurs hanches, leurs fesses, leurs seins, leur misère
Un petit quelque chose de vrai dans chacune d’elle
Un égard, puis un autre
Une claque à l’éternel

Elles sont toutes là
Prêtes à fêter, à jouir, à m’aimer…
Sauf elle, loin, blasée
M’ignorant

Sans un mot
Sans un cri
Juste le silence
La femme de mes rêves condamnée à ces souvenirs

Elles sont toutes là
À marcher sur ce vide, cette solitude
Une petite mort qui devient grande
Étouffante

Me maudire à chacun de mes souffles d’avoir su la perdre
De disparaître de son âme, comme si elle me tuait
Ne laissant qu’un bout de chair
Amer

Il ne me reste que cette ironie, ce sourire
Que cette drôle de manière de vivre
Cette temporalité, cette attente
Ce désert, un quotidien qui a soif et qui cherche en vain, condamné

Oui, chacune d’elle, je les aimerai, dur et disposé
Je les baiserai, sauvage, passionné, fou, libre
Mais au lieu de jouir, je soupirai
De croire encore en toi, en nous, en cette idée de famille

Je boirai un peu plus
Je rirai un peu moins
Tout en restant le même imbécile
Qui regardera ta photo pour se guérir d’une autre baise sans lendemain

Qui les baisera toutes juste pour t’oublier… en vain

Un autre poème mal écrit, mal construit
Qu’un gouffre
Fatigué
Qu’une esquisse, qu’un reste d’amour à partager… à annihiler

Kane Seigni

Dominic Fortin-Charland
18 septembre 2011

Contaminé

À travers un œsophage moisi
Digérer cette crasse amoindrie
Par cet abrutissement humain
Qui masturbe avec léthargie

Être déjà mort à force d’avoir tort
Une graine sans éclosion
Qui ne fait que durcir en vain
Sans lendemain

Leurs seins parmi toutes les drogues
Figurer parmi les hommes
Éviter les miroirs
Pour tenir debout, parmi l’illusoire

N’être qu’un pion de plus
D’un système qui se tourne les pouces
Qui manipule, roi de l’hypnose des masses
Grâce à ces médias avides, vides de sens

Être vain
Drogué
Docile face à la fin des temps
Rêver de n’être jamais venu au monde

N’être que du vent
Que des restes de culpabilité
Pour avoir trop bu, trop baisé
Pour oublier l’échec de l’humanité

Je suis un échec
Sans avenir, sans présent
Qu’un peu de sperme bien vite oublié
Dans un condom bien trop petit

Leurs gémissements sont-ils vrais ?
J’en ferais ma seule certitude, servitude
En attendant une meilleure mort
Crier un peu trop fort

Une âme pourrie
Encore en vie
Voudrait changer le monde
Mais n’a que l’estime d’un homme

Brisé
Drogué, soûlé, baisé, enragé
Cette impuissance
Face à ce système qui s’endort

Si je peux créer un nouveau monde dans le corps d’une femme
S je peux venir au gré des plaisirs
Les lèvres douces et les doigts fins
Peut-être qu’ensuite, j’aurai la force de vivre, d’aimer

De prendre une masse pour frapper mes chaines
Ou sur la gueule du mal
Qui se croit bien trop malin
Qui ne pense jamais au lendemain

Un jour ou l’autre, je mourrai
D’une petite mort bien réelle
Pour revêtir la peau d’un ange
Posséder la force de fracasser chaque parcelle de vides

Pour l’instant, je continuerai de me haïr
D’être beaucoup trop humain
Maladroit
Drogué dans ce dépotoir de malheurs qui pourrissent

Qui contaminent
La chair d’un homme au nez de clown
Qui plonge dans ses erreurs, sans sourire
À la recherche d’un monde meilleur

Pour cet enfant, qu’il espère, saura vivre

Kane Seigni

Dominic Fortin-Charland
4 mai 2011

En toi

Et rire
Souffrir
Mourir
Périr
Pourrir

Et rire un soir
De notre destinée
Un peu compliquée
Entre amies fatiguées

Et t’embrasser
Comme si le monde avait arrêté de tourner en rond
Et rêver
Rêver

Comme si de rien était
Prête à refaire le monde
Désespérée
Mais confiante, brave, mes doigts délicats entre tes cuisses

Enfin
Un peu de vrai
Dans ce monde virtuel
Où les gens ne savent plus savourer l’essentiel

Un soir en toi, mon amie
Pour survivre à une éternité d’oublis

Saravi Vanque

Dominic Fortin-Charland
11 octobre 2009 et 16 février 2012