L'épuisement sociétaire, version 2

En mal de la société, ridiculisés, fatigués, nous ne pouvons plus croire en ceux qui détiennent le mandat de nous protéger, ni en nous-mêmes. Pourtant, bien des gens se sont battus pour l’avenir, nos droits, notre liberté, au nom de la justice et du bon sens ! L’évolution nous a rendus aigris, mais dociles, politiquement correct quand ironiquement, la politique n’a plus rien de « correct » depuis longtemps.

À présent, au lieu de rester droits, fiers de nos valeurs, de notre intégrité, nous nous maudissons à coup de bonnes manières, de cachoteries, d’éphémères. Oui, certains braves au milieu des lobotomisés guerroyassent toujours, mais le gouvernement s’amuse à les taire au nom de ceux qui restent assis, vomissant que la majorité du peuple demeure en accord avec leur politique, leur corruption.

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L'épuisement sociétaire, version 1

En mal de la société, ridiculisés, fatigués, nous ne pouvons plus croire en ceux et celles qui détiennent le mandat de nous protéger, ni en nous-mêmes. Pourtant, bien des gens se sont battus pour l’avenir, nos droits, notre liberté, au nom de la justice et du bon sens ! L’évolution nous a rendus lâches, polis, dociles, politiquement correct quand la politique n’a plus rien de « correct » depuis trop longtemps.

À présent, au lieu de rester droits, fiers de nos valeurs, de notre intégrité, nous nous maudissons à coup de bonnes manières, de cachoteries, d’éphémères. Oui, certains braves au milieu des lobotomisés guerroyassent toujours, mais le gouvernement s’amuse à les taire au nom de ceux qui restent assis, vomissant que la majorité du peuple demeure en accord avec leur politique, leur corruption.

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"Un fond de pot d'olives", par Boniface Bonnehumeur

Je gratte le fond du pot, presque nostalgique. Je sais qu’une fois que je l’aurai terminé, je ne mangerai que des pâtes aux tomates (avec un peu de basilic) et du pain pour le restant de la semaine.

Je me dis que je devrais peut-être la garder pour plus tard, mais je faiblis et poignarde la dernière olive bio pour la savourer en deux trois bouchées qui deviennent presque obscènes. Les gens qui me connaissent savent à quel point je savoure, à quel point la nourriture m’est sacrée… Je dégénère, je suis tellement en manque de saveur ces temps-ci que je bois même le jus. Du « bon » jus de fond de pot d’olives… de l’eau, du sel et de l’ail ! Mon luxe de la semaine, un pot d’olives de 375 ml à 4 $ !

Le liquide de fond de pot a comme un arrière-goût d’échec…

Mon rêve, avant d’être aussi endetté qu’un étudiant qui sort de l’Université, les perspectives d’emplois en moins, c’était d’ouvrir un resto et pas n’importe lequel ! Je voulais que ce soit une coopérative de solidarité pour que la clientèle puisse être membre et s’offrir quelques sorties abordables chaque mois ! Vous connaissez ça, les coopératives ? Un monde d’écoute, de passion, des gens attachés à leur commerce, une équipe dévouée à combler les papilles gustatives et l’estomac de tous et chacun !

Y’a rien de plus important que bien manger en bonne compagnie !

J’aurais organisé des soirées thématiques, des petits spectacles, des ateliers, des jeux, pis j’aurais composté, recyclé, tout en mettant de l’avant des mets végés, bios et équitables. j’aurais toute faite, sauf gaspiller ! Y’a rien de pire que gaspiller ! Les surplus, faut les donner, pis c’est toute ! « Toé, tu viens souvent ici et t’as une famille… et moi, je vais perdre mes tomates si personne ne les mange. Les veux-tu ? » Ça se fait dans un monde civilisé et moi, dans le mien, la bouffe, c’est fait pour être partagé !

Pour l’instant, j’ai mangé ma dernière olive tout seul… mais je n’ai pas dit mon dernier mot !

La semaine prochaine, c’est la fête d’une amie et j’ai mis un peu d’argent de côté pour lui cuisiner une mousse aux framboises comme elle les aime ! J’ai peut-être pas de restaurant et je n’en aurai sûrement jamais, mais je promets que cette mousse sera à la hauteur de n’importe quelle boulangerie du coin ou resto hors de prix ! Pis quand je vais la voir sourire, je vais me sentir un peu moins pauvre…

Boniface Bonnehumeur

Dominic Fortin-Charland
12 novembre 2011