Extrait 6 de l’épisode 8 de D.U.A.M.

JESOM
(tendu, en avançant d’un pas vers Rabi)
Tu as conscience que si tu continues, je vais devoir t’arrêter ?

RABI
(lui souriant toujours)
Je savais bien que toi aussi, tu m’abandonnerais.

JESOM
Rabi, arrête…

RABI
Tout le monde devra bientôt choisir son camp, même toi Jesom.

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J'ai été renvoyé…

Aujourd’hui, j’ai été renvoyé.

« J’ai une mauvaise nouvelle pour toi, on ne te gardera pas. »

J’entends encore sa voix de gars qui s’en fout résonner à travers le combiné du téléphone.

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Extrait 2 de l'épisode 8 de D.U.A.M.

JESOM
(tendu, en avançant d’un pas vers Rabi)
Tu as conscience que si tu continues, je vais devoir t’arrêter ?

RABI
(lui souriant toujours)
Je savais bien que toi aussi, tu m’abandonnerais.

JESOM
Rabi, arrête…

RABI
Tout le monde devra bientôt choisir son camp, même toi Jesom.

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Se battre, petit texte dans sa version 1

J’aime me battre : fracasser des gueules pour les façonner à mon image ; casser des nez pour qu’ils forment un angle de quatre-vingt-dix degrés ; briser des os ou juste six sept doigts, un par un, parfois pour bien me faire comprendre, d’autres fois par pur emportement ; arracher des faces à coup de bélugas radioactifs ; sentir la peur dans le regard d’un gars plus grand que moi ; collectionner des dents de toutes les nationalités ; fermer la trappe à marde des baratineurs ; donner une raison de plus aux hôpitaux d’exister ; exploser des tibias à coup de cap d’acier ou de pieds nus, histoire de faire durer le plaisir ; fracasser ma tête contre la sienne et demeurer le seul debout ; marteler l’ennemi de coups sans m’arrêter, pris d’une folie démesurée, d’une soif de justice sans précédent, d’une HAINE QUI T’EXPLOSE EN PLEINE GUEULE !

VIENS, VIENS QUE JE T’APPRENNE À VIVRE !

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D.U.A.M., scène coupée numéro 2

Voici la scène que j’avais imaginé pour conclure l’épisode 1 avec quelque chose de plus doux que la mort de « vous savez qui si vous l’avez lu ». Je n’ai finalement pas retenu l’idée puisque le conte de Take fut plus long que prévu et qu’il chamboulait la cadence des scènes finales. Je la propose tout de même ici, dans sa version brouillon (tout de même corrigé), en guise de petit bonus et parce que j’aime bien la dernière réplique !

La voici, la voilà, la deuxième scène coupée de Dans un appartement miteux :

Take berce sa fille, Soha, qui est en train de s’endormir.

SOHA
Raconte-moi une histoire, une aventure de toi et tonton Rabi !

TAKE
J’ai payé la pizza et je dois aussi te raconter une histoire ?

SOHA
(amusée)
Oui, parce que tu es un bon papa…

TAKE
Je peux essayer, mais ça risque d’être déprimant…
(un temps)
Il était une fois deux amis d’enfance, Take et Rabi. L’un avait les cheveux noirs, les yeux noirs et ne portait que du noir, toujours perdu dans ses pensées à broyer du noir et à fixer les astres dans le ciel. L’autre était toujours souriant, blond aux yeux bleus, jamais lunatique, présent et attentionné avec les autres. Il n’avait qu’une chose en commun, leur rêve de justice et ils le découvrirent en défendant les mêmes personnes contre les brutes de l’école ! Personne ne pouvait battre Take et Rabi… Take avait la force et la rage de cent hommes et Rabi n’avait pas besoin de se battre pour gagner un combat, il pouvait calmer le cœur de n’importe qui seulement en prononçant quelques mots bien choisis.

SOHA
C’est vrai que Rabi trouve toujours les bons mots…

TAKE
(en lui souriant, content qu’elle approuve ce qu’il dit)
Un matin, remplis d’utopie et de rêves, ils décidèrent ensemble de devenir policiers pour protéger la veuve, l’orphelin et tous les autres, même les petites filles qui ne mangent pas leurs carottes !

SOHA
J’en mange des fois !

TAKE
Des fois !

SOHA
Pas de ma faute si les petites filles sauvages préfèrent la viande !

Elle imite un tigre en rugissant et en donnant des coups de papattes à son père.

TAKE
Si tu veux, je peux te cuisiner de la viande crue…

SOHA
Beurk ! Je suis plus une petite fille sauvage, je suis la petite fille qui attend la suite de l’histoire !

Take rit de bon coeur, puis il continue son histoire.

TAKE
Le temps a passé, il passe toujours, et les deux amis ont réalisé leur rêve. Ils étaient prêts à chasser le crime, la corruption et les super méchants de ce monde, mais dès leur premier jour de stage, surveillés par deux policiers moustachus et peu commodes, Take et Rabi ont compris qu’ils…

Il s’arrête un moment, hésitant.

SOHA
Ils ont compris quoi ? Qu’ils allaient devoir se laisser pousser la moustache ?

TAKE
Je ne devrais pas te conter cette histoire…

SOHA
Pourquoi ?

TAKE

Elle n’a pas grand-chose de drôle…

SOHA
J’aime tes histoires, papa !

TAKE
Rabi les conte mieux que moi.

SOHA
S’il te plait…

TAKE
Ça va encore te mettre des idées « pas correctes » dans la tête et ta mère va me taper sur les doigts !

SOHA
Je peux comprendre, j’suis plus un bébé !

TAKE
Je t’aurai prévenu…
(un temps)
Rabi et Take ont vite compris qu’ils allaient devoir contester la loi et s’attirer des tonnes d’ennuis. Une femme d’un certain âge qui souffrait d’Alzheimer avait oublié le couvre-feu et se promenait dans la rue à deux heures du matin. Elle était en robe de chambre et tenait un couteau à tartiner. Les deux policiers moustachus voulurent lui passer les menottes et l’amener au poste de police, fiers de leur prise de la journée, se disant que ça allait faire rire leurs collègues, mais Rabi s’interposa.
(un temps)
Le blondinet fit ce qu’il avait toujours fait, parler en trouvant les bons mots, mais il n’était plus à la petite école et les deux policiers peu commodes se moquèrent de lui. Ils lui dirent de les laisser faire s’il ne voulait pas être arrêté pour entrave à la justice. Rabi se fâcha comme il ne s’était jamais fâché, prit la main de la femme et décida de la reconduire jusque chez elle. Les moustachus brandirent leur arme pour essayer de l’impressionner, arrogant d’imbécilité ou juste pourvus d’un humour très discutable, mais Rabi continua son chemin sans se retourner. Take, moins patient que son ami, cloua les deux moustachus au sol à l’aide d’une prise spéciale de gars colérique qui a toujours été dépourvu de ce que certaines légendes nomment « la patience ». Il leur mit les menottes et leur dit : « Vous êtes en état d’arrestation pour avoir pointé votre arme sur un policier et n’essayez pas de le nier, j’ai pris des photos avec mon téléphone cellulaire. Dans vos dents les méchants moustachus, échec et mat ! »
(un temps)
Cette nuit-là, Take et Rabi mangèrent les meilleures tartines à la marmelade maison du monde chez une très gentille vieille dame et se dirent qu’ils avaient eu raison de rejoindre la police parce que finalement, c’est réellement là qu’ils se battront sans relâche pour que règnent la justice… et le bon sens !

Soha dort dans ses bras depuis un moment déjà et son père la dépose dans son lit pour la border.

TAKE
(en l’embrassant sur le front)
Bonne nuit petite fille sauvage, de la part de papa sauvage.