Jouer (écrit dans la peau de Mokoran, version brouillon)

Laissez-moi tranquille. Vous ne savez rien, vous ne comprenez rien. Votre réalité est abstraite, violente, elle empeste la mort. Au moins dans mes jeux, j’ai une chance de réussir, de gagner, d’aller de l’avant. Je suis en contrôle de ce qui se passe, en contrôle de mon avatar, de ce que je souhaite devenir.

Dans cette autre vie, dans cette peau qui me ressemble vraiment, j’ai un impact réel sur ce qui m’entoure. Ce n’est ni vague ni éphémère. Les gens me répondent, combattent avec moi. Ça me change de votre monde d’égoïsme de chacun pour soi ! Je ne suis plus invisible, je ne suis plus inutile.

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Qu'un seul regard

telle une vilaine ruse effilochée
son essor candide me fend l’âme d’un coup de fouet
me traverse les testicules jusqu’à la moelle
m’oblige cruellement à ne voir plus qu’elle

pardonne-moi fruit interdit, je n’ai aucune manière
l’hiver me scie à la peau
le froid, la peur, ils ont inscrit en moi le vrai sens de la faim
je ne sais déjà plus vivre sans toi

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Jacob Jackare, le Géant

Jusqu’à maintenant, du haut de ses dix ans, Jacob n’a connu que les milieux défavorisés, alternant d’une famille d’accueil à une autre. Il faut dire que la majorité de ses parents adoptifs l’accueillirent seulement pour bénéficier d’une subvention du gouvernement et, ne sachant pas comment réagir face à son caractère sanguin et son impulsivité, ils le renvoyèrent sans tarder au service d’adoption. Jacob, déjà introverti à la base, se renferma un peu plus chaque année…

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"La culpabilité", poème écrit dans la peau de Kane Seigni

Coupable
De ces jours qui passent
Meurtrière
Du manque de sens

Une hache de guerre
Quelques tremblements
Se satisfaire de peu
Prisonnier de sa haine

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