"Légèreté", par Dami

Elle m’apprend la vérité. Je comprends que je ne vivrai plus à travers elle, plus jamais. Je devrais pleurer, je devrais crier, mais non, je souris. Une légèreté soudaine me rend visite ; une légèreté proche de la folie, je suppose. Elle ne comprend pas, tente de me retenir, pleure et crie à ma place. Je ne suis plus rien, elle n’est plus rien, le monde n’existe plus, tout flotte à la dérive, sans but, en silence.

Je ne ressens plus leur amour, tout ne devient qu’euphorie, qu’incohérence, plus rien ne me semble utile et plus aucune culpabilité ne m’habite. La mort ne m’effraie plus, ni la vie. Je pourrais tout accomplir, tout détruire sans même le ressentir. Je souris, tout simplement, grâce à cette sorte de dérision, ayant atteint la limite de l’espoir. Croire ne m’effleure plus l’esprit, à présent, plus rien n’a d’importance.

Je décide de profiter de ce moment pour mourir, pour partir et en finir.

Elle tente de me retenir, elle ne me reconnait plus. Malgré leur douceur, mes mots ne l’ont jamais autant heurté. Je ne dis rien contre elle, je ne parle que de la vie en général, de cette farce d’y participer. Je mentionne ce vide, ces sentiments vains et oubliés, ces liens de passage et les autres qui blessent. Je me censure ici. À cet instant, mes mots transpirent l’enfer et l’acte suivra sous peu, prêt à tout pour rire.

Mes mots sont de plus en plus violents, de plus en plus fous.

Elle m’embrasse.

Je reviens sur terre, à moitié… elle m’a sauvé.

Un an plus tard, je souris de nouveau, presque de la même façon, prêt à te rencontrer, Folio Mentol.

Dami

Dominic Fortin-Charland
17 mai 2011

"Un petit je t'aime perdu dans un apocalypse naissant", par Folio Mentol

Seul
Sur mon petit trône de bois
Dans les décombres humains
Je souris, dément, j’ai réussi

Je tremble un peu
L’estomac noué
Mon énergie demeure froide
Ma respiration superficielle

Je pense à cet amour
À toi dans mes bras
Au dégât du temps
À la dérision du moment

Mes mains tachées de vent
Quelques gouttes touchent le sol
Alimentent cette graine de la folie
Ne me rendant fidèle qu’à la mélancolie

L’incohérence humaine
Entre les mains de l’inconditionnel
Une solitude lasse
Qui s’endort dans l’imaginaire

Parmi les décombres
Un fou te pleure
T’imagine dans ses bras
Te souris, tendrement

Folio Mentol

Dominic Fortin-Charland
9 mai 2010