La démocratie selon Folio Mentol

Je ne suis pas un enfant de la télévision, ni qu’un quelconque monde virtuel. J’ai grandi les deux pieds ancrés dans la réalité à regarder les autres et à essayer de comprendre leur malheur… et leur cruauté. Je suis l’enfant d’une humanité qui s’étoufferait elle-même tellement la honte la submerge de si peu s’écouter, d’être si souvent contrainte de faire des compromis qui défit la logique du bon sens.

Je suis l’enfant d’un monde de mensonges et le plus vif de ceux-ci est la démocratie.

L’équation est simple, pour soumettre un peuple à l’esclavage, et j’exagère à peine, il suffit de lui donner l’illusion du choix. Étendez sur la table des mets avariés et demandez à vos hôtes de choisir, ils mangeront « les moins pires », et ce, même si le plus sublime des repas se trouve dans le réfrigérateur : soit vous n’en aurez pas parlé, soit vous les aurez convaincus, à tort, que celui-ci est poison.

C’est exactement ce que le gouvernement actuel fait.

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[Poème] Tant d'années ont passé

Je regarde derrière-moi
Souris

Toutes ces années
Ces milliers d’années
De doutes, de peurs
De folie

J’ai fait violence à la vie
Aux êtres qui m’étaient chers
À moi-même
J’ai vécu à l’envers de la vérité

À l’envers de moi

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"Une raison d'attendre", par Folio Mentol

Les jours passent
Puis les semaines
Ensuite les mois
Sans toi, sans moi

Un je t’aime désespéré
Entre deux quotidiens
Tendre une main dans le vide
Pour saisir une luciole volatile

Devoir renoncer
Ne pas insister
Pour votre bien
Tuer un amour brûlant

Continuer de vivre
Étourdi
La tête dans les nuages
Protéger nos cages

Éviter les drames et la souffrance
Te laisser t’envoler
Sans histoire, sans lendemain
Pour ne pas salir nos mains

Pourtant, les cauchemars m’importent peu
Ni le sang, ni la vérité
Je n’ai pas peur du chaos
Je veux tacher mes mains, t’aimer

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"Légèreté", par Dami

Elle m’apprend la vérité. Je comprends que je ne vivrai plus à travers elle, plus jamais. Je devrais pleurer, je devrais crier, mais non, je souris. Une légèreté soudaine me rend visite ; une légèreté proche de la folie, je suppose. Elle ne comprend pas, tente de me retenir, pleure et crie à ma place. Je ne suis plus rien, elle n’est plus rien, le monde n’existe plus, tout flotte à la dérive, sans but, en silence.

Je ne ressens plus leur amour, tout ne devient qu’euphorie, qu’incohérence, plus rien ne me semble utile et plus aucune culpabilité ne m’habite. La mort ne m’effraie plus, ni la vie. Je pourrais tout accomplir, tout détruire sans même le ressentir. Je souris, tout simplement, grâce à cette sorte de dérision, ayant atteint la limite de l’espoir. Croire ne m’effleure plus l’esprit, à présent, plus rien n’a d’importance.

Je décide de profiter de ce moment pour mourir, pour partir et en finir.

Elle tente de me retenir, elle ne me reconnait plus. Malgré leur douceur, mes mots ne l’ont jamais autant heurté. Je ne dis rien contre elle, je ne parle que de la vie en général, de cette farce d’y participer. Je mentionne ce vide, ces sentiments vains et oubliés, ces liens de passage et les autres qui blessent. Je me censure ici. À cet instant, mes mots transpirent l’enfer et l’acte suivra sous peu, prêt à tout pour rire.

Mes mots sont de plus en plus violents, de plus en plus fous.

Elle m’embrasse.

Je reviens sur terre, à moitié… elle m’a sauvé.

Un an plus tard, je souris de nouveau, presque de la même façon, prêt à te rencontrer, Folio Mentol.

Dami

Dominic Fortin-Charland
17 mai 2011

"Un petit je t'aime perdu dans un apocalypse naissant", par Folio Mentol

Seul
Sur mon petit trône de bois
Dans les décombres humains
Je souris, dément, j’ai réussi

Je tremble un peu
L’estomac noué
Mon énergie demeure froide
Ma respiration superficielle

Je pense à cet amour
À toi dans mes bras
Au dégât du temps
À la dérision du moment

Mes mains tachées de vent
Quelques gouttes touchent le sol
Alimentent cette graine de la folie
Ne me rendant fidèle qu’à la mélancolie

L’incohérence humaine
Entre les mains de l’inconditionnel
Une solitude lasse
Qui s’endort dans l’imaginaire

Parmi les décombres
Un fou te pleure
T’imagine dans ses bras
Te souris, tendrement

Folio Mentol

Dominic Fortin-Charland
9 mai 2010

L'enfer au bout des doigts

Je n’ai qu’à tendre la main pour saisir l’enfer
Je n’aurais qu’à basculer pour en faire mien

Ce mal de vivre
Ces cris sans cible
Ce besoin de lire quelques fables
De tuer le marchand de sable

Un geste anodin
Teinté de nostalgie
Un geste en vain
D’un rien sans merci

Non merci
Mon âme à nu
Sans loi
Préfère l’infini

Brandir la folie
La colère, l’hystérie
L’amour, l’humour
Mais jamais le vide

J’essaie
De ne plus tendre les mains vers l’inconnu
Renonçant au bon pour fuir le mauvais
Renonçant au mauvais pour fuir le bon

C’est ridicule, j’ai choisi le vide…
Changement de voie, changement de crime

Je retends les mains
Me revoilà humain
Merci
De rien

À demain

Sane

Dominic Fortin-Charland
1 juillet 2009

La règle des trois, par Omaco

Chercher
S’occuper
Une, deux, trois anecdotes en même temps

Apprentissages
Tâches
Entraînements

Peaufiner l’art des armes et de la folie
L’art de connaître
L’art de jouer

En attendant
Blasé
Que quelque chose me bouscule, me réveille

Sans répit
Une, deux, trois, s’éparpiller pour combler ce quotidien
Ce bruit des gens qui passent et parlent
Ce bruit qui m’empêche de rêver

Puis te rencontrer, Folio Mentol
Comprendre que la règle de trois n’a plus aucun sens

Je t’ai trouvé, mon ennemi
Celui qui peut vaincre ma lassitude, mon âme et ma chair

Ta folie contre la mienne
L’élève contre son maître

Je ferai partie de ta belle et longue histoire
Tu me battras, tu grandiras

Je resterai le même
En attente d’un nouvel élève, d’une nouvelle folie
De l’intensité d’un nouveau combat
De moi, juste là, présent, sans détour, riant, criant

Déchirant
Vivant
Vrai
Complètement dément

Passer ma vie à m’entraîner
Pour quelques moments de paroxysme, d’apogée
Comme si parmi l’univers
Je n’attendais que la naissance des étoiles

Ou les éclipses
Les éclipses…
Celles de nos rencontres

Omaco

Dominic Fortin-Charland
12 février 2012