[Poème] L'habitude des gris égocentriques, version 2

Des discussions lentes, balisées,
contrôlées par un être cher.
Un verre, de la boucane, des endroits gris,
dans une ville qui resplendit pourtant de vie.

Inutile de me le répéter,
je sais qu’il n’y a aucun mot à dire,
qu’à moins de déranger les moeurs, les habitudes,
il faut se contenter de suivre.

Les dés lancés depuis longtemps,
leur langage devient mien,
leur sourire une excuse pour me taire.
Je suis le miroir des aveugles.

Je suis Nara, le pantin du vide !

Laissez-moi tout de même rêver d’un chaos soudain,
violent,
sans précédent,
inimaginable !

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[Poème] L'habitude des gris égocentriques, version bêta

Des discussions lentes, balisées,
contrôlées par un être cher.
Un verre, de la boucane, des endroits gris,
dans une ville qui resplendit pourtant de vie.

Inutile de me le répéter,
je sais qu’il n’y a aucun mot à dire,
qu’à moins de déranger les moeurs, les habitudes,
il faut se contenter de suivre.

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[Poème] P'tit gars

P’tit gars
Ta tête tourne, as-tu perdu le Nord ?
Chaque jour, t’es à terre
Pis tu préfères te taire

Tu m’inquiètes
Avec tes cernes pis ta valise toute faite
Ta mère pleure chaque soir
Comme si t’étais déjà mort

T’avais des rêves, des idéaux
T’avais un monde à sauver
Tu me faisais peur tellement t’était passionné, que t’étais vrai
À 13 ans, tu brillais déjà plus que moé

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[Court texte] Qu'est-ce que ça changerait ?

Qu’est-ce que ça changerait que je te dise que j’ai encore pleuré, que je pense encore à toi ? Oui, dis-moi l’ami, qu’est-ce que ça changerait que je te raconte à nouveau mon imbécile d’amour à l’aide d’une autre chanson improvisée ou d’un autre poème bien vulgaire et salace, comme tu les aimais ?

Prends-moi dans l’artère
Celui du coeur ou juste, par-derrière
J’suis coupable et tu dois me punir
Sauve-moi des femmes, bel ami, belle satire

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Neige, fiche du personnage

Neige rêve de la pluie, du jour où l’eau s’écoulera à nouveau sur ses joues glacées. Il en rêve sans en souffrir, appréciant se perdre parmi les nuages, « ses meilleurs amis ». Paisible, doux, ce bohème surréaliste ne cesse jamais de sourire, comme s’il y avait deux trois arcs-en-ciel entre lui et le reste du monde… ou un mur, tout simplement ; Neige conçoit la vie à sa façon, comme s’il n’était qu’une feuille bercée par une petite brise et qu’il flottait au-dessus de l’humanité, sans réellement en faire partie.

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"Une histoire d'hiver", par Dami

Une fois, j’ai souri.

C’était il y a ben ben longtemps, j’étais un adolescent et comme ben des adolescents, j’avais des boutons, je mangeais un peu trop de poutines à la cafétéria et j’avais perdu foi en l’humanité. Pendant que mes amis perpétuaient la tradition en subissant divers cours aussi « palpitants » les uns que les autres, je me promenais en forêt pour prendre une pause de bruits et tenter de calmer ma rage contre toute… pis moi-même.

Comme ben des adolescents (et des adolescentes, ne soyons pas sexistes), je me détestais.

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D.U.A.M., brouilon de la première scène de l'épisode 3

En attendant l’épisode complet (plus long que les autres à retravailler), voici le brouillon de la scène qui débute l’épisode 3. Il s’agit d’un extrait du passé de Malias (Maze Beyame étant son ancienne identité) que je vais bien sûr couper pour ne pas vous gâcher la surprise sur ce que Malias a réellement fait pour être recherché par la police et décider de ne plus jamais se lever de son divan. Malias, salaud ou héros ? Vous le saurez très bientôt…

Attention, certains propos pourraient choquer, déconseillés au moins de 13 ans !

L’extrait en question :

Ses doigts tapotent sa seule et unique bière de la soirée.

Pourtant, son esprit s’embrouille. Mis à part l’affiche du restaurant bar La Petite Populace qui clignote derrière la serveuse, juste au-dessus du comptoir devant lequel il est assis, rien d’autre ne lui rappelle qu’il est dans l’un des endroits les plus chics, paisibles et protégés de la ville. L’espace d’un moment, Maze Beyame, agent de sécurité de l’établissement, s’imagine être quelqu’un d’autre, ailleurs.

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Contaminé

À travers un œsophage moisi
Digérer cette crasse amoindrie
Par cet abrutissement humain
Qui masturbe avec léthargie

Être déjà mort à force d’avoir tort
Une graine sans éclosion
Qui ne fait que durcir en vain
Sans lendemain

Leurs seins parmi toutes les drogues
Figurer parmi les hommes
Éviter les miroirs
Pour tenir debout, parmi l’illusoire

N’être qu’un pion de plus
D’un système qui se tourne les pouces
Qui manipule, roi de l’hypnose des masses
Grâce à ces médias avides, vides de sens

Être vain
Drogué
Docile face à la fin des temps
Rêver de n’être jamais venu au monde

N’être que du vent
Que des restes de culpabilité
Pour avoir trop bu, trop baisé
Pour oublier l’échec de l’humanité

Je suis un échec
Sans avenir, sans présent
Qu’un peu de sperme bien vite oublié
Dans un condom bien trop petit

Leurs gémissements sont-ils vrais ?
J’en ferais ma seule certitude, servitude
En attendant une meilleure mort
Crier un peu trop fort

Une âme pourrie
Encore en vie
Voudrait changer le monde
Mais n’a que l’estime d’un homme

Brisé
Drogué, soûlé, baisé, enragé
Cette impuissance
Face à ce système qui s’endort

Si je peux créer un nouveau monde dans le corps d’une femme
S je peux venir au gré des plaisirs
Les lèvres douces et les doigts fins
Peut-être qu’ensuite, j’aurai la force de vivre, d’aimer

De prendre une masse pour frapper mes chaines
Ou sur la gueule du mal
Qui se croit bien trop malin
Qui ne pense jamais au lendemain

Un jour ou l’autre, je mourrai
D’une petite mort bien réelle
Pour revêtir la peau d’un ange
Posséder la force de fracasser chaque parcelle de vides

Pour l’instant, je continuerai de me haïr
D’être beaucoup trop humain
Maladroit
Drogué dans ce dépotoir de malheurs qui pourrissent

Qui contaminent
La chair d’un homme au nez de clown
Qui plonge dans ses erreurs, sans sourire
À la recherche d’un monde meilleur

Pour cet enfant, qu’il espère, saura vivre

Kane Seigni

Dominic Fortin-Charland
4 mai 2011