[Poème] Tes soupires

Fataliste
Tu dis que les jours se succèdent
Critique, analyse, tris, fuis
Au lieu de réellement vivre

Tu t’ennuies
Tu ne rêves que de voyage
Sans même connaître ce qui t’entoure…
Sans même te connaître

Tout ce qui est loin te semble plus familier
Te rassure
Te console
Te séduit… du moins, jusqu’à ce que tu y sois

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Un peu d'humanité, épisode pilote de websérie

Écrit en 2011, ce scénario de websérie n’est pas directement lié à l’univers de Folio Mentol, le récit se basant plutôt dans le nôtre. Cependant, lorsque j’ai créé Thomas, Jade et Mathis, ce n’était pas sans penser à Dami, Nara et Folio Mentol. Voilà pourquoi je le propose aujourd’hui, en espérant que vous aimerez chercher les ressemblances entre les personnages !

Synopsis

Thomas, un jeune programmeur de sites Web à temps plein, décide soudainement de recycler son ordinateur, de donner ses télévisions et de détruire son cellulaire pour débuter une nouvelle vie hors « des écrans ». Mais quelle nouvelle vie exactement ? Le jeune adulte ne le sait pas, depuis trop longtemps perdu sur Internet, seul devant l’un de ces écrans. Sa seule piste reste ce souvenir de lui se sentant vivre pour vrai, à la petite école, en train de secourir une jeune fille au prise avec des brutes.

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Le plus périlleux des combats, déclinaison absurde !

Comme mentionné hier, je m’amuse présentement à créer plusieurs déclinaisons du même scénario, celui-ci chétivement nommé Le plus périlleux des combats ! Voici la version absurde montrant quelques batailles loufoques d’un guerrier dur à cuir jamais en manque d’idées pour se sortir d’un pétrin ! L’impossible, il ne connait pas, il est ben trop viril et MAGNIFIQUE pour ça !

Un seul combat lui donnera du fil à retordre, un combat bien différent des autres…

Délires, absurdités, hémoglobine et psychologie au rendez-vous !

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Des chiffres contre des mots, par P. Marius

Un deux trois quatre
Des chiffres
Contre des mots

Je suis une petite tache
Dans leur utopie perdue
De capitalistes sauvages

Cinq six sept huit
Je vous entends
« Pourquoi ne pas vider l’univers
De ce qui le maintient en vie »

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Une petite vidéo de Kane et Finale

Lors de la première séance photos conçue pour nous habituer à jouer les personnages de Kane et Finale, nous avons également tourné une courte vidéo ; un petit tournage de quelques secondes pour une vidéo tout aussi longue, une petite pause de photos ! Notons tout spécialement le recul de Kane face au jeu de Finale et leur expression dépitée, à la toute fin (ou le ruban qui tient à moitié) !

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Premiers prototypes de photos pour Kane et Finale

Voilà quelques mois, Christian Hamel, Lidia Langlois et moi-même avons pris quelques clichés prototypes pour Kane et Finale dans le cadre d’une rapide idéation de jeu pour les personnages ! Pour cette première séance photos improvisée, nous avons explorer l’aspect un peu violant et dominant de Finale, ainsi que l’aisance de Kane à la laisser faire tout ce qu’elle veut parce qu’il se considère comme un déchet ambulant.

Je spécifie tout de suite que ces deux-là s’amusent souvent à fuir la réalité en jouant à des jeux dangereux (ou juste dépourvus de limites)… bien que le lendemain, ils y retournent toujours dans cette vie qu’ils digèrent difficilement, pourvu d’un mal de coeur et de tête de plus à supporter… et d’une culpabilité sans cesse grandissante dans le cas de Kane. Il sait bien que fuir la réalité ne la rendra que de plus en plus pénible, embrasant ses calvaires et camouflant sa beauté, mais l’addiction à cette fuite lui laissera peu de repos…

Mais euh, voilà que j’écris beaucoup quand nous sommes là pour les photos !

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"Un fond de pot d'olives", par Boniface Bonnehumeur

Je gratte le fond du pot, presque nostalgique. Je sais qu’une fois que je l’aurai terminé, je ne mangerai que des pâtes aux tomates (avec un peu de basilic) et du pain pour le restant de la semaine.

Je me dis que je devrais peut-être la garder pour plus tard, mais je faiblis et poignarde la dernière olive bio pour la savourer en deux trois bouchées qui deviennent presque obscènes. Les gens qui me connaissent savent à quel point je savoure, à quel point la nourriture m’est sacrée… Je dégénère, je suis tellement en manque de saveur ces temps-ci que je bois même le jus. Du « bon » jus de fond de pot d’olives… de l’eau, du sel et de l’ail ! Mon luxe de la semaine, un pot d’olives de 375 ml à 4 $ !

Le liquide de fond de pot a comme un arrière-goût d’échec…

Mon rêve, avant d’être aussi endetté qu’un étudiant qui sort de l’Université, les perspectives d’emplois en moins, c’était d’ouvrir un resto et pas n’importe lequel ! Je voulais que ce soit une coopérative de solidarité pour que la clientèle puisse être membre et s’offrir quelques sorties abordables chaque mois ! Vous connaissez ça, les coopératives ? Un monde d’écoute, de passion, des gens attachés à leur commerce, une équipe dévouée à combler les papilles gustatives et l’estomac de tous et chacun !

Y’a rien de plus important que bien manger en bonne compagnie !

J’aurais organisé des soirées thématiques, des petits spectacles, des ateliers, des jeux, pis j’aurais composté, recyclé, tout en mettant de l’avant des mets végés, bios et équitables. j’aurais toute faite, sauf gaspiller ! Y’a rien de pire que gaspiller ! Les surplus, faut les donner, pis c’est toute ! « Toé, tu viens souvent ici et t’as une famille… et moi, je vais perdre mes tomates si personne ne les mange. Les veux-tu ? » Ça se fait dans un monde civilisé et moi, dans le mien, la bouffe, c’est fait pour être partagé !

Pour l’instant, j’ai mangé ma dernière olive tout seul… mais je n’ai pas dit mon dernier mot !

La semaine prochaine, c’est la fête d’une amie et j’ai mis un peu d’argent de côté pour lui cuisiner une mousse aux framboises comme elle les aime ! J’ai peut-être pas de restaurant et je n’en aurai sûrement jamais, mais je promets que cette mousse sera à la hauteur de n’importe quelle boulangerie du coin ou resto hors de prix ! Pis quand je vais la voir sourire, je vais me sentir un peu moins pauvre…

Boniface Bonnehumeur

Dominic Fortin-Charland
12 novembre 2011

"Légèreté", par Dami

Elle m’apprend la vérité. Je comprends que je ne vivrai plus à travers elle, plus jamais. Je devrais pleurer, je devrais crier, mais non, je souris. Une légèreté soudaine me rend visite ; une légèreté proche de la folie, je suppose. Elle ne comprend pas, tente de me retenir, pleure et crie à ma place. Je ne suis plus rien, elle n’est plus rien, le monde n’existe plus, tout flotte à la dérive, sans but, en silence.

Je ne ressens plus leur amour, tout ne devient qu’euphorie, qu’incohérence, plus rien ne me semble utile et plus aucune culpabilité ne m’habite. La mort ne m’effraie plus, ni la vie. Je pourrais tout accomplir, tout détruire sans même le ressentir. Je souris, tout simplement, grâce à cette sorte de dérision, ayant atteint la limite de l’espoir. Croire ne m’effleure plus l’esprit, à présent, plus rien n’a d’importance.

Je décide de profiter de ce moment pour mourir, pour partir et en finir.

Elle tente de me retenir, elle ne me reconnait plus. Malgré leur douceur, mes mots ne l’ont jamais autant heurté. Je ne dis rien contre elle, je ne parle que de la vie en général, de cette farce d’y participer. Je mentionne ce vide, ces sentiments vains et oubliés, ces liens de passage et les autres qui blessent. Je me censure ici. À cet instant, mes mots transpirent l’enfer et l’acte suivra sous peu, prêt à tout pour rire.

Mes mots sont de plus en plus violents, de plus en plus fous.

Elle m’embrasse.

Je reviens sur terre, à moitié… elle m’a sauvé.

Un an plus tard, je souris de nouveau, presque de la même façon, prêt à te rencontrer, Folio Mentol.

Dami

Dominic Fortin-Charland
17 mai 2011

Inventez, répandez, détruisez

Parlez
Allez-y
Amusez-vous
Inventez, répandez, détruisez.

Tous ces mots trahis
Gaspillés
Dangereux
Quelques taches sur la vie qu’on se plaisait à rêver

Circule les rumeurs
Sans véritable communication
Un monde d’êtres fermés
Pour mieux fuir et oublier

Applaudissons-nous
Humanité
Usine à promeneur solitaire
Usine juste bonne à se taire

Quelque chose germe
En toi, en moi
Chaque mot fait son chemin
Jusqu’à ce que…

Arrêtez
Arrêtez
Les mots ne sont pas faits pour ça
Expliquez-moi

Vous ne le ferez pas
Je resterai si, je resterai ça
Je resterai du blablabla
Du vent

Du vent, que pour vous
Je vous laisse votre joie
Votre vie
Hallucination collective

Si je reste, ce ne sera que d’autres mots sacrifiés

En attendant…

Vos mots
Je les contournerai
Je sourirai
J’essayerai

Garder la tête haute
Pendant que vous me diaboliserez
Juste histoire de respirer
Quelque chose de plus vrai

Arbu

Dominic Fortin-Charland
5 octobre 2011