23 filles, un comte et un forgeron

Constituées de saynètes historiques fort cocasses, cette pièce de théâtre traite de la Nouvelle-France en soulignant plus précisément les enjeux féministes de l’époque. Tandis que la mère n’en peut plus de la pression de son mari et du curé qui ne cessent de lui réclamer un 23ème enfant, Malvina, sa fille, souhaite reprendre la forge de son têtu de père. À cela s’ajoute Ambroise Lecomte qui incarne le contraire de ce qu’un « vrai » homme « doit » être et qui se battra lui aussi contre les stéréotypes des sexes. Une histoire amusante aux saynètes indépendantes, mais toutes interreliées dans un grand tout juste ce qu’il faut d’épicé.

La bande-annonce


On y voit Marie-Madeleine, Mathurin, Malvina et Ambroise Lecomte… ainsi qu’un personnage potentiel de la saison 2 du projet, la plus tannante des 22 filles du couple Girardin, Madeline.

Les six premières saynètes

  1. La maternité
  2. Apprenti au féminin
  3. L’arrivée d’Ambroise « Lecomte »
  4. La drague selon Ambroise Lecomte
  5. L’éducation sexuelle
  6. La forge ou l’amour
  7. Contexte de la création

    Ces saynètes furent écrites de paire avec Emmanuelle Belleau dans le cadre de notre travail d’animation de la maison Girardin. Plusieurs ont été jouées devant public (chaque saynète pouvant être présentée individuellement), mais nous avons dû mettre de côté le projet de pièce de théâtre pour nous consacrer sur Craindre. Juger. Brûler., disponible en intégralité sur Youtube.

Un bref résumé de la suite du récit

Ambroise et Malvina sont sur le point de se marier quand un feu est déclaré à la forge. Mathurin, hors de lui, accuse Ambroise d’avoir voulu forger pour essayer de l’impressionner. Ambroise se défend tandis que Malvina est outrée d’apprendre que le pseudo comte n’a pas réussi à convaincre son père de le prendre comme apprenti. En colère, leur pacte ne tenant plus, Malvina veut annuler le mariage…

Ne sachant pas quoi lui répondre, Ambroise l’accuse soudainement : 
– « C’est toi, c’est toi qui as mis le feu à la forge ! Ton regard passionné, celui-là même qui a embrasé mon coeur, a aussi brûlé la forge ! »

Malvina se défend, Ambroise et elle ont toujours été ensemble !

Pour aider sa fille, Marie-Madeleine accuse Barnabe Bellanger, mais elle laisse paraître tellement de nervosité que Mathurin comprend… C’EST MARIE-MADELEINE QUI A MIS LE FEU À LA FORGE ! Elle avoue la vérité dans une argumentation interminable dont elle seule détient le secret : sachant que Mathurin a besoin d’aide à la forge et ne voulant plus faire d’enfant (donc pas de petit Mathurin), elle a essayé de forger pour pouvoir le seconder à la place d’un fils potentiel… ÉCHEC !

Marie-Madeleine fond en sanglot.

– « Relève-toi ma mie, lui murmure son mari. J’tais déjà assez épuisé de même avec mes histoires de mâle en rut… On la reconstruira la forge ! Malvina Girard dite l’hermine Girardin va m’aider, ça fait dix solstices qu’a me mélange les sabots pour que j’la regarde avec l’estime qu’a mérite ! Tant pis pour le curé pis ses préjugés sur les bonnes femmes : moé mon hermine, j’l’ai vu grandir, j’le sais qu’est aussi capable que moé dans mon jeune temps, sinon plus ! Elle a déjà plus de muscle que nôtr’ Ambrouaise ! »

Ambroise est surpris que Mathurin semble enfin accepter sa présence dans la famille. Celui-ci lui demande même d’assister Marie-Madeleine dans ses tâches, de ne pas la laisser s’épuiser à nouveau. Ambroise accepte avec enthousiasme et Marie-Madeleine, sans avouer sa joie d’enfin avoir un peu d’aide, relance le débat du mariage. Feu ou pas feu, faudrait quand même savoir s’ils vont se marier !

Malvina et Ambroise se regardent et décident d’un commun accord d’apprendre à mieux se connaître avant de faire le grand pas. Marie-Madeleine soupire et Mathurin est rassuré… du moins, qu’un instant.

Ambroise se met à genoux devant Malvina…
– Et maintenant que nous nous connaissons de quelques instants de plus, serait-ce suffisant ?
– Tu es fou, complètement fou Ambroise Lecomte.
– Je vous pris, appelez-moi par mon nom, Ambroise Girardin.
– Je ne vous ai pas dit oui.
– J’attendrai à genoux le temps qu’il faudra…
– Lève-toi plutôt, ce sera ainsi plus aisé pour m’embrasser.

Et vous connaissez la suite de l’histoire… Ou pas puisque bien d’autres mésaventures furent prévues pour Marie-Madeleine, Mathurin, leurs 22 filles et Ambroise le comte déchu : les patriotes, la guerre, l’arrivée du personnage du curé, une histoire d’amour entre Barnabe et l’une des autres filles, la tentative d’Ambroise de faire porter des collants théâtraux aux hommes de la Nouvelle-France, etc.