Annesse Boisjoli, fiche du personnage

Annesse rêve d’un monde meilleur et elle agit en conséquence. À cinq heures tous les matins, dès que son cadran laisse jaillir sa chanson préférée, La petite fille à onze doigts par un dénommé Nonoco, elle ne pense qu’aux autres, qu’à des moyens d’apporter un peu plus de bonheur dans leur vie.

Organisée, Annesse ne s’oublie pas pour autant ; elle pratique toutes les disciplines qui l’intéressent, telles la natation, la lecture, la cuisine et sa collection d’insectes. Il s’agit de la plus grosse du pays puisqu’elle a été commencée par ses arrières grand-parents, leur descendance vouant un très grand respect aux traditions. D’ailleurs, voilà la valeur la plus importante aux yeux d’Annesse, la famille.

La jeune femme voue également un certain intérêt pour la mort.

Là où la plupart des gens y voient un gouffre, un vide, un deuil, Annesse y voit plutôt quelque chose de sain, de beau, de naturel. En collaboration avec l’hôpital (et parfois à son propre compte), sa principale activité demeure d’accompagner des personnes seules dans leurs derniers instants. La bénévole expérimentée brille dans ses moments : paisible, souriante, rassurante, comme si la mort l’avait personnellement choisi pour qu’elle rattrape des centaines d’années de méconnaissance à son sujet.

Parfois, Annesse vole le nécessaire pour pratiquer l’euthanasie qui devrait être légale, selon elle. Vu son allure d’ange, jamais personne ne l’a soupçonné. Elle ne comprend pas pourquoi les hôpitaux et la parenté s’obstinent autant à tenter de déjouer le cours naturel des choses avec autant de machines et de médicaments, et ce, sans respect pour la dignité humaine. Annesse a serré la main de son grand-père lors de son dernier souffle, au sommet de la montagne où ils aimaient chasser les papillons.

Marzen s’oppose catégoriquement à ses pratiques, bafouillant parfois des propos étranges comme quoi l’au-delà n’existerait plus, du moins pas de la manière qu’elle se l’imagine. Il ajoute que tout le monde doit résister à la mort jusqu’à ce qu’il soit possible de guérir, de rajeunir, pour combattre les forces du démon. Sans le juger, Annesse le prend dans ses bras et le rassure lui aussi : « La mort n’est pas notre ennemi, tout va bien aller, calme-toi… » Marzen cesse de trembler un instant, mais un instant seulement…

Son temps libre, cette fille « presque » parfaite (selon ses professeurs) l’occupe à prendre soin de ses amis, surtout de Marzen perdu dans ses théories spirituelles apocalyptiques et de Kane Seigni qui jour après jour s’enfonce un peu plus dans la drogue, l’alcool ou le sexe, perdu dans une mort lente et une fuite constante, se rendant malade d’être malade. Pour une fois, Annesse comprend les gens qui s’entêtent à ne pas laisser partir leur proche puisque même si Kane souhaite en finir, elle, elle fera tout pour qu’il reste en vie.

Elle fera tout, sauf l’aimer…