Kane, fiche du personnage

Kane Seigni rêve de devenir quelqu’un d’autre, de ne plus être cette catastrophe ambulante qui désespère tout le monde, lui y compris. Il rêve d’alimenter les rires, l’espoir, et non les rictus de dégoût ou les soupirs de découragement. Parfois, Kane s’imagine même pourvu d’un nez de clown, amusant les enfants malades et peut-être même ses amis… ou sa seule famille, sa tante Julianne. Kane Seigni a d’innombrables rêves, vivant dans le futur, reportant sa vie au jour où il ne sera plus « passé date ».

Il tourne et tourne en rond dans un cercle vicieux hypnotisant…

Cet adolescent en perdition a l’impression d’avoir échoué chaque fois que la vie lui a donné une nouvelle chance. Maladroit autant avec les autres que dans ce qu’il entreprend, l’estime de soi presque inexistant, les faux-fuyants sont devenus sa seconde nature. Mais cette tendance d’autodestruction aura pour effet d’aggraver son calvaire puisque Kane se blessera autant qu’il blessera les autres, s’enfonçant dans d’innombrables pulsions dépourvues de limites, voulant en finir avec sa vie, se disant maudit.

Il le croit depuis l’anniversaire de ces dix ans. Comme cadeau, ses parents l’amenaient voir l’illustre Opolin Mimosa, l’adolescent aux mille talents qui présentait un numéro de cirque onirique et clownesque, aussi triste que drôle ; Opolin sachant toucher le cœur des petits comme des grands. Le jeune Kane, surexcité à l’idée de rencontrer l’un de ses idoles, ne cessait de répéter des blagues, à la manière d’un enfant de dix ans, en tentant sans cesse d’attirer l’attention de ses parents.

Ceux-ci souriaient, pas parce qu’ils le trouvaient drôles, mais bien parce qu’ils aimaient le savoir heureux. Ce n’était pas suffisant pour Kane… Depuis longtemps, un profond malaise l’habitait, un malaise que lui-même ne comprenait pas. Ce sentiment de médiocrité, ce sentiment lui chuchotant qu’il ne mérite pas d’être aimé, qu’il n’est jamais à la hauteur. Kane demanda poliment à ses parents de faire demi-tour, n’ayant plus envie de voir Opolin Mimosa parce que de toute façon, il ne deviendrait jamais aussi bien que lui. Sa mère tenta de le raisonner, lui expliquant qu’il ne faut pas se comparer aux autres, qu’il est aussi bien qu’Opolin, mais autrement. C’était trop tard, Kane ne blaguait plus, fermé…

Je vous épargne les détails que vous découvrirez bien tôt ou tard et je saute tout de suite à l’accident.

Une fourgonnette à crèmes glacées percuta leur voiture, tuant sa mère et son père sur le coup… et le laissant sans la moindre égratignure. Le jeune Kane aménagea chez sa tante et de cette histoire, il ne garda que l’impression d’avoir causé la mort de ses parents, sans exactement savoir pourquoi. Depuis, la situation ne s’est guère améliorée, accumulant les raisons de se haïr, et ce, de manière exponentielle depuis qu’il a rencontré Annesse Boisjoli, celle qu’il l’aime et qui le regarde avec une profonde pitié…

Comment convaincre Annesse Boisjoli, la présidente de la classe inscrite à mille et une activités parascolaires et programmes de bénévolat, de s’intéresser au pire rebelle de l’histoire de l’académie ? Surtout que qui dit Kane Seigni dit Finale et sa troupe de dévergondés (qui ont quitté l’école depuis longtemps). Pris entre le petit monde presque parfait d’Annesse et les fêtes débridées de Finale, l’adolescent est perdu, ne pouvant plonger pleinement dans aucun des deux mondes, se sentant coupable dans l’un et misérable dans l’autre… restant à l’écart dans l’un comme dans l’autre.

Se fermant… en attente d’une autre crème glacée ?