Neige, fiche du personnage

Neige rêve de la pluie, du jour où l’eau s’écoulera à nouveau sur ses joues glacées. Il en rêve sans en souffrir, appréciant se perdre parmi les nuages, « ses meilleurs amis ». Paisible, doux, ce bohème surréaliste ne cesse jamais de sourire, comme s’il y avait deux trois arcs-en-ciel entre lui et le reste du monde… ou un mur, tout simplement ; Neige conçoit la vie à sa façon, comme s’il n’était qu’une feuille bercée par une petite brise et qu’il flottait au-dessus de l’humanité, sans réellement en faire partie.

Asexué, légèrement androgyne, Neige ne s’intéresse ni au sexe, ni à l’alcool, comme si ces « choses » ne faisaient pas partie de son vocabulaire. Par contre, plusieurs drogues douces le passionnent et bien qu’ils n’en consomment pas, il en vend. Cet entrepreneur désaxé a appelé ça « le sommeil maudit, l’éphémère libération », ajoutant que lui n’en a plus besoin puisqu’il a fait la paix avec le vent. Peu de personnes le comprennent, mais beau comme un dieu, basané, posé, presque tout le monde l’écoute.

Les cheveux blancs jusqu’à la nuque, les yeux noirs et profonds (grâce à des lentilles), sa peau dépourvue d’imperfection et sa tendance évidente pour le nudisme n’aide en rien l’obsession que lui vouent certaines de ses clientèles (et amies). Plusieurs s’essayeront, d’autres tenteront seulement de percer l’énorme mystère qui l’entoure parce que bien que son passé soit connu, Neige étant fort loquace, personne ne saisit exactement ce qui l’a poussé à devenir ainsi, gentil, mais incroyablement distant.

Son père mort à la guerre, sa mère morte de chagrin, l’orphelin n’aurait pas supporté qu’on lui impose une nouvelle famille, ne voulant pas d’une autre mère, ni d’un autre père. Inconsolable d’avoir perdu la douceur de sa mère à cause de l’horreur de la guerre, il serait parti un matin d’automne, pour la rejoindre… mais, agenouillé là où ils aimaient regarder les étoiles, tous les deux, juste avant d’enfoncer le couteau de chasse de son père dans l’abdomen, la neige se mit à tomber. L’enfant figea, se rappelant comme sa mère adorait la première neige de l’hiver et lui aussi la trouva belle, terriblement belle, et ne voulut pas la tâcher de son sang. Il posa le couteau, décidant de vivre, mais de vivre seulement en préservant cette joie et cette douceur qui habitaient sa mère lors des premières neiges.

Il devint cette neige.

Finale raconte qu’il joue un rôle, qu’il ment, que dans l’intimité, l’extraterrestre pose ses deux pieds sur terre et qu’il est chaud comme la braise. Neige se défend en disant que parfois, le vent tourne…