[Fatalité Ambigüe] Quelques bouts supprimés du roman

Débutons par d’autres versions de la fausse fin :

Narratrice : Adrian

Je m’imagine paisible avec ma petite famille fondée avec Jade Fortin. Je les vois, nos enfants, deux magnifiques jumeaux, Dami et Nara. Je finirai mes études pour eux, je deviendrai un bon père.

Je sauverai leur monde, au quotidien, sans relâche.

Je sauverai le monde à travers eux.

Narrateur : Adrian

Je m’imagine sociologue, paisible avec ma petite famille fondée avec toi, Jade Fortin. Je les vois, nos enfants, deux jumeaux, Dami et Nara. Nous visitons mon père, ma mère, les prenant dans nos bras, leur disant « je t’aime » sans aucune hésitation !

Je t’aime papa ! Je t’aime maman ! Je t’aime Sarah ! Je t’aime Nouve le chat paresseux ! Je t’aime Jade ! Je t’aime Émilien ! Je t’aime Hugo ! Je t’aime Elsa ! Et je m’aime aussi, quelques fois…

Narrateur : Adrian

– Un jour, ajoute-t-il, la voix pesante d’un espoir sarcastique. C’est peut-être ça qui va causer la fin du monde… mon fils qui décide enfin d’aller à l’école pour une autre raison que voir ses amis !
– Ce n’est pas drôle.

En fait, ça l’est.

Mon père pâlit soudainement en voyant quelqu’un derrière-moi.
– Adrian, fréquentes-tu encore Elsa ?
– Oui, pourquoi ?

Je me retourne et je la vois, habillée sexy, assise à une table avec un garçon plus vieux.

Avec une haine étouffée, je dis à mon père :
– Je pense que je vais avoir besoin de toi pour faire le ménage dans ma vie…
– Restons calme, commandons-leur deux verres pour les mettre mal à l’aise !
– Tu es sûr ?
– Ne jamais sous-estimer le pouvoir de la dignité !

Et d’autres extraits pêlemêles :

Narrateur : Jasmin

Cette idée ne me plaît pas du tout. Je me dégoûte, moi aussi je commence à avoir peur des autres… Mais, cette impression… Hugo ne dégage pas la même chose que d’habitude. Je ne ressens plus sa maladroite gentillesse… Non, il faut que j’arrête, c’est l’ami de mon fils et il est digne de confiance !

Narrateur : Jasmin

Bon élève, droit… Émilien Saint-Jean, l’un des seuls que je supportais, me disant qu’il n’aurait pas une mauvaise influence sur mon plus jeune ; pas comme cette Elsa et cet Hugo qui lui ont pourri la vie !

J’essaie de ne pas pleurer, je dois rester droit. Il faut que je protège ma famille coûte que coûte !

Narratrice : Jade

J’entre dans la voi… SARAH ! Le cadavre de Sarah… qu’est-ce qui s’est passé ? Le temps presse, je m’assoie à l’arrière et le chien me suit. Il me donne le chat et regarde une dernière fois l’extraterrestre qui ne bouge pas, indifférent.

– Nous n’avons pas à être des ennemis, nous gagnons tous les deux à arrêter ce massacre.
– Dépêchez-vous de partir avant que je ne change d’idée.

Adrian démarre les moteurs. Lui qui ne sait théoriquement pas conduire, il conduit terriblement bien !

Je ne l’ai jamais vu aussi sérieux et « profond ». Il n’a plus rien à voir avec le type fébrile qui est entré chez moi tout à l’heure. Son regard est à la fois l’eau pour la tristesse sans fin, le feu pour la rage qui ne veut pas s’éteindre, la terre pour la certitude et la stabilité et le vent pour toute l’énergie et le dynamisme qu’il dégage. J’ai l’impression que la personne devant moi peut réellement sauver le monde.

Il me transforme en véritable machine à sophismes de mauvais goût !

Il me pose la question qui gâche tout :
– Qu’est-ce qui est réellement arrivé à Elsa ? Est-ce qu’elle agissait comme un clone ?
– Non, la télé s’est arrêtée et Émilien l’a immédiatement tué.

Narrateur : Adrian

Hugo tente de sourire pour rattraper sa curieuse réaction… il échoue lamentablement.
– J’espère qu’on restera amis.
– Hugo, calme-toi et dis-moi ce qui s’est passé !
– Il n’y en aura que deux et ce ne sera pas moi.

Il pleure de plus belle, inconsolable !

Narrateur : Adrian

Il ne répond pas, mais son regard est de plus en plus brouillé par ses larmes qu’il n’essuie pas, tétanisé.
– Hugo, réponds-moi…
– Je l’aimais moi aussi.

Je comprends qu’il parle d’Elsa. Mon coeur s’arrête. C’est cliché, mais il s’arrête.
– J’ai été trop lâche ! continue-t-il en se trainant à mes pieds, profondément désolé.

Elsa…

– Je suis revenu pour te prévenir ! Je savais que tu reviendrais…
– Hugo… parles-tu d’Elsa ?

La réalité s’évapore. Je n’existe plus. Je t’en supplie Hugo, ne réponds pas, laisse-moi me réveiller.

– Il s’est passé des choses horribles, vaut mieux rester cachés pour l’instant !
– Hugo…

Je me baisse pour être à sa hauteur, comme pour m’assurer, à travers son regard, que tout ceci est bien réel… mais il s’éloigne à nouveau, paniqué, comme si je représentais un danger.

Moi, son meilleur ami ?

Narrateur : Émilien

– Attends, Elsa est morte… mais ce n’est pas le plus important, tu ne dois pas sortir de l’école !
– Ta gueule !
– Si tu sors dehors, ils risquent de te buter !
– Qu’il essaie.
– Je ne te parle pas d’une personne, mais de la ville au complet !

Narrateur : Adrian

– D’habitude, ceux qui parlent de révolution ont une armée juste derrière eux.
– J’en bâtirai une.
– Es-tu au courant que nous avons détruit toutes vos forces d’intervention, que nous avons réduit à néant les gens d’influences, que nos armes ont des centaines d’années d’avance sur les vôtres, que nous sommes plus nombreux et que tu n’es qu’un adolescent fragile en train d’étouffer entre mes mains ?
– Je serai les forces d’intervention, je serai les gens d’influence, je serai les armes, je serai tout ce qu’il faudra pour sauver la Terre. Rien ne pourra m’arrêter, l’amour mettra votre dystopie en pièces !
– Désolé de te contredire si facilement…

Narrateur : Adrian

Un héros a bien le droit d’aller aux toilettes sans culpabiliser…

Narrateur : Adrian
Je ne veux pas de deux ex machina, ni de tragédie, je veux que les terriens prouvent qu’ils sont capables de s’en sortir par eux-mêmes. Je veux que les terriens écrivent leur propre histoire et prouvent que malgré tous leurs vices et faiblesses, il y a de l’espoir et de la sincérité.

Narrateur : Adrian

Une bonne histoire a un début, un développement et une fin en rapport au tout.

Une bonne histoire évolue.

Une bonne histoire a une fin.

FIN

Mais surtout, une bonne histoire a une suite…