La fièvre

Le plafond de la chambre
Quelques chaos ici et là
Des semaines d’ordre, d’amertume
Un peu trop loin de la lune

Mon corps crispé qui ne doit pas se lever
Un combat
Sans rime
Sans compassion

Plus facile
De détourner, de mentir
De dire que j’ai de la fièvre
De m’enfermer contre mon gré

Plus facile
De détourner, de mentir
Plutôt qu’avouer que je ne dois pas sortir
De ce lit, de ces murs

Tu m’attends
Je reste là
Je te déçois
Je me déchire

Mais si je sors, je meurs
Mon esprit vagabonde
Me demande de me noyer
De dix mille façons, pour dix mille raisons

Je dois rester dans ce lit
Jusqu’à ce que la rage se calme
Jusqu’à ce que le monde s’arrête
Jusqu’à ce que la honte m’écrase

La honte d’être malade, autrement
Loin de la compréhension
Des regards
À quelque part dans ce qui reste de moi

Un combat
Dans cet univers de braises
Où il faut sans cesse se surpasser
Choisir

Où l’évolution est reine
Ce basculement, cette vitesse
Ces amours à double tranchant
Ces amitiés devenues du vent

Cette fatigue
Cette colère
Contre eux, contre la vie, contre moi
Son regard qui n’est plus là

Un combat
Sans héros
Sans ennemi
Seul contre la mort, contre l’envie

Me relever trois heures plus tard
Triomphant
Sans fierté
Me dire que je dois ressaisir ma vie

Je sais…

Tu m’as attendu, prête pour une belle journée
J’étais occupé…
Tu es habituée
Tu es fatiguée

Cette fièvre d’avoir trop aimé

Je retourne dans mon lit
Cette fois, pour dormir

Dami Zan

Dominic Fortin-Charland
23 mars 2011