Un refrain

La fin
Des femmes et des hommes qui jouent et s’enivrent
Un refrain
Un crime

Leurs hanches, leurs fesses, leurs seins, leur misère
Un petit quelque chose de vrai dans chacune d’elle
Un égard, puis un autre
Une claque à l’éternel

Elles sont toutes là
Prêtes à fêter, à jouir, à m’aimer…
Sauf elle, loin, blasée
M’ignorant

Sans un mot
Sans un cri
Juste le silence
La femme de mes rêves condamnée à ces souvenirs

Elles sont toutes là
À marcher sur ce vide, cette solitude
Une petite mort qui devient grande
Étouffante

Me maudire à chacun de mes souffles d’avoir su la perdre
De disparaître de son âme, comme si elle me tuait
Ne laissant qu’un bout de chair
Amer

Il ne me reste que cette ironie, ce sourire
Que cette drôle de manière de vivre
Cette temporalité, cette attente
Ce désert, un quotidien qui a soif et qui cherche en vain, condamné

Oui, chacune d’elle, je les aimerai, dur et disposé
Je les baiserai, sauvage, passionné, fou, libre
Mais au lieu de jouir, je soupirai
De croire encore en toi, en nous, en cette idée de famille

Je boirai un peu plus
Je rirai un peu moins
Tout en restant le même imbécile
Qui regardera ta photo pour se guérir d’une autre baise sans lendemain

Qui les baisera toutes juste pour t’oublier… en vain

Un autre poème mal écrit, mal construit
Qu’un gouffre
Fatigué
Qu’une esquisse, qu’un reste d’amour à partager… à annihiler

Kane Seigni

Dominic Fortin-Charland
18 septembre 2011