Masha (l'Orange Étrange) et l'école !

Voici une nouvelle version (la quatrième) de l’introduction du roman Être différente et vivre, un texte écrit dans la peau de Masha (alias l’Orange Étrange) ! Elle y donne ses impressions sur l’école secondaire d’une manière franche… et colorée ! Comme moi, elle a regardé la remise des diplomes de ses amis en restant sur le banc de touche… tout en s’inquiétant pour l’avenir de chacun… y compris du sien. À l’école, avons-nous appris à « conserver notre saveur » ?

L’extrait :

Je suis à la remise des diplômes, dans ce lieu terne et limité qui fut autrefois mon école !

Je regarde les finissants serrer un par un la main du directeur en recevant leur dû et j’ai l’impression de fossiliser sur place ! Je peine à étouffer le petit pincement que j’ai au coeur.

Je suis fière d’eux, mais en même temps, ça me coupe l’appétit (ce qui relève pratiquement du domaine de l’impossible) ! Ils sourient pour cette attestation qui m’est totalement étrangère…

Je ne comprends pas ! Ce bout de papier ne fait que prouver un manque d’originalité, d’audace, qu’une capacité accrut à suivre le troupeau ! Vite vite, soumettons-nous à la masse, à quatre pattes, bien dociles, pour apprendre n’importe comment plein de matières décalées de la vraie vie !

Où se cachent les cours de cuisine, d’écologie, de participation citoyenne, d’entrepreneuriat, d’intimité, de sourires ?

Pourquoi apprenons-nous sans cesse les mêmes genres d’écriture, de manière aussi fermée, conditionnée ? La poésie doit toujours rimer et le théâtre doit rester théorique ? Sans parler de son petit frère, la scénarisation, qu’aucun professeur de français ne mentionnera jamais, oh ça non !

Ce serait tabou, bien trop concentré sur le dialogue, sur la communication ! Or, tout le monde sait que c’est mal de parler, que c’est marginal, que ça fait peur aux adultes !

Chut ! TAISEZ-VOUS !

Vous risqueriez de réveiller leurs couleurs endormies, de blesser leur gris, oh vils enfants sauvages !

Bref d’ironie, l’école cherche-t-elle à nous noyer sous la honte vis-à-vis de nous-mêmes, de notre personnalité, de notre forme d’intelligence prédominante ? Cherche-t-elle à fustiger nos besoins bel et bien différents, spécifiques ? Loin de leur carcan, de leur moule à étudiants identiques et numérotés.

Même en éducation physique, vlan, toujours les mêmes sports de plus en plus balisés, de plus en plus inaccessibles au moins cool et bien portants ! Puis… BANG ! SCRACTH ! PAFF ! Meurtre prémédité des jeux comme celui du loup et l’illustre ballon quilles, deux jeux que J’ADORAIS !

Même avec mon petit maillot, même pas le droit de nager librement ! À quoi ça me sert d’apprendre à nager comme un petit chien ? Je suis une orange, je flotte toute seule !

Voici ma théorie : derrière son grand bureau de grande incomprise, la commission scolaire cherche à nous dégoûter du sport pour qu’on n’en refasse plus jamais ! Même chose pour les mathématiques… matière que j’aurai pu aimer si ne serait-ce qu’un de mes profs avait été capable de répondre à la question : « À quoi ça sert les maths fortes ? »

Jamais je n’eus de réponse ! Absolument jamais !

« Pour aller à l’Université ! » ne comptant pas…

Ce n’est qu’en quittant l’école que j’ai compris son sens, son travail sur la logique, sur notre joli cerveau en quête d’aventures et de diversité ! MAIS, le jeu, vous sous-estimez tellement le pouvoir du jeu !

Les mathématiques s’apprennent mieux armées du pouvoir du ludisme, même chose pour la science !

Si vous ne pouvez expliquer l’utilité de ce que vous enseignez, laissez-nous au moins apprivoiser la matière à notre manière ! Vous voulez des élèves zombies ou des élèves en bonne santé, VIVANTS ?

Au moins, si on doit se taire pour vous écouter des heures durant, parlez-nous avec passion !

Bon, bon, je me calme…

Je me trompe de combat, cet aparté n’est pas ce qui me tracasse… du moins, pas dans l’immédiat.

Maintenant que mes savoureux amis ont terminé leur étude secondaire, qu’ils entrent dans l’âge adulte, que feront-ils ? Suivront-ils la voix de la confiance ou celle de la vilaine peur pas gentille ?

Tergiverseront-ils vers un domaine à la paye assurée ou écouteront-ils le chemin de leur cœur ?

Mes amis oseront-ils être eux-mêmes ou se résigneront-ils à suivre le plan B ?

J’ai très peur, je crois en chacun d’eux et j’espère sincèrement qu’ils n’abandonneront pas ! Moi, je n’abandonnerai jamais, J-A-M-A-I-S ! Même si je dois finir toute nue dans la rue ou en mourir…

Oh, et si je commençais par vous les présenter ?

[…]