Contaminé

À travers un œsophage moisi
Digérer cette crasse amoindrie
Par cet abrutissement humain
Qui masturbe avec léthargie

Être déjà mort à force d’avoir tort
Une graine sans éclosion
Qui ne fait que durcir en vain
Sans lendemain

Leurs seins parmi toutes les drogues
Figurer parmi les hommes
Éviter les miroirs
Pour tenir debout, parmi l’illusoire

N’être qu’un pion de plus
D’un système qui se tourne les pouces
Qui manipule, roi de l’hypnose des masses
Grâce à ces médias avides, vides de sens

Être vain
Drogué
Docile face à la fin des temps
Rêver de n’être jamais venu au monde

N’être que du vent
Que des restes de culpabilité
Pour avoir trop bu, trop baisé
Pour oublier l’échec de l’humanité

Je suis un échec
Sans avenir, sans présent
Qu’un peu de sperme bien vite oublié
Dans un condom bien trop petit

Leurs gémissements sont-ils vrais ?
J’en ferais ma seule certitude, servitude
En attendant une meilleure mort
Crier un peu trop fort

Une âme pourrie
Encore en vie
Voudrait changer le monde
Mais n’a que l’estime d’un homme

Brisé
Drogué, soûlé, baisé, enragé
Cette impuissance
Face à ce système qui s’endort

Si je peux créer un nouveau monde dans le corps d’une femme
S je peux venir au gré des plaisirs
Les lèvres douces et les doigts fins
Peut-être qu’ensuite, j’aurai la force de vivre, d’aimer

De prendre une masse pour frapper mes chaines
Ou sur la gueule du mal
Qui se croit bien trop malin
Qui ne pense jamais au lendemain

Un jour ou l’autre, je mourrai
D’une petite mort bien réelle
Pour revêtir la peau d’un ange
Posséder la force de fracasser chaque parcelle de vides

Pour l’instant, je continuerai de me haïr
D’être beaucoup trop humain
Maladroit
Drogué dans ce dépotoir de malheurs qui pourrissent

Qui contaminent
La chair d’un homme au nez de clown
Qui plonge dans ses erreurs, sans sourire
À la recherche d’un monde meilleur

Pour cet enfant, qu’il espère, saura vivre

Kane Seigni

Dominic Fortin-Charland
4 mai 2011