Supermoi vs le Maire : suite du chapitre 4 (version alpha)

– C’est vraiment ça votre dessin animé préféré ? demanda Constance, franchement troublée.
– Fiston, je déclare cette soirée désormais interdite aux bonnes femmes ! répliqua Adame, amusé.
– Aux bonnes femmes ? Je vais t’en faire moi, une bonne femme !

Son restant de verre d’eau termina « malencontreusement » ses jours sur l’entrejambe d’Adame ! « Oups ! » esquissa-t-elle, l’air innocent. Enrico s’esclaffa à son tour, grand admirateur des blagues de sa mère.

– Papa a fait pipi dans son pantalon !

Adame, stupéfait par cet acte de guerre délibéré et outré par la complicité de son fils, leur lança son maïs soufflé précédemment rejeté par la sélection naturelle de ses papilles gustatives !

– Prenez ça, famille indigne ! Turpides traitres ! Adeptes du Scénariste !

Les trois s’attaquèrent ainsi un bon moment, comme dans le bon vieux temps, riant aux éclats en se lançant de mauvaises blagues, en se chatouillant et en s’attaquant avec des objets qui ne blessent pas.

Enrico gagna facilement, armé de son énorme oreiller en forme de carotte !

Une fois le vainqueur récompensé par les quelques morceaux de maïs encore intacts, toute la famille s’écrasa sur le divan, exténuée. Constance ne pouvait s’empêcher de sourire, ce genre de moment lui manquait. Elle adorait taquiner les deux hommes de sa vie, même si chaque fois, la crainte de ranimer la flamme d’Adame la tétanisait. Elle l’aimait beaucoup, en ami, mais n’avait pas rompu pour rien…

Ce qu’elle ne savait pas, c’est que la flamme d’Adame, rien ne pourrait jamais l’éteindre.

C’était une souffrance sourde, quotidienne, qui ne pouvait plus se taire. Surtout la nuit, lorsqu’il se couchait seul dans son lit. Des mois de nuits blanches et autant de journées en perte de sens…

Mais passons, j’y reviendrai bien assez tôt !

Dans l’immédiat, plongeons plutôt dans l’esprit d’Enrico, dans cet esprit bouillant de joie et de nouvelles idées. Malgré la très pénible journée, ce court moment, précédé par son émission super-héroïque préférée, venait de le réconcilier avec le gros bon sens de l’humanité.

Ce serait si simple, se dit-il, si l’école n’existait pas (du moins, pas de cette façon). S’il pouvait passer son temps avec sa famille, l’Écarlate et son inséparable Charlo (qu’il devait abandonner à la maison chaque jour de semaine) ! Ne pourrait-il pas étudier à domicile, en mangeant des biscuits aux caramels?

Non, un superhéros ne penserait pas ainsi…

Son cœur aux dix milles bonnes intentions ne se pardonnerait d’abandonner Mariska, Justine, Zelle, Lawrence, Jacob, Edmond et même la plus que traumatisante, Anna-Lou la « princesse » !

Mathias l’Écarlate avait raison, quelqu’un se devait d’intervenir, de les arrêter, de les pousser à réfléchir et à se remettre en question. Mais comment ? Comment convaincre une brute de faire la paix avec elle-même et ce qui l’entoure ? Son cœur aux mille bonnes intentions les connaissait à peine !

Eurêka, les connaître, voilà l’étape numéro 1 !

Mais apprendre à connaître des êtres aussi fermés et énigmatiques que Zelle et Lawrence… Mission impossible ? Utopie ? Gaspillage d’énergie ? Enrico Toupin refusait de penser ainsi ! Toutes personnes méritaient qu’on se batte pour ! Il ne réussirait pas nécessairement et l’apprenti superhéros le savait.

Cependant, d’une manière ou d’une autre, il marquerait le cœur et la vie de chacun d’entre eux.

Il trouverait un moyen, de la même manière que l’Écar…

– Bon, y revient ou pas à cette histoire d’école de cirque ? proposa Constance, le regard plein d’espoir.

Enrico sursauta presque, arraché de ses pensées par la douce voix de sa mère.

– C’est vrai que devenir moins lunatique, ça s’apprend, pense-y Enrico ! ajouta son père.