Aperçu brouillon du prologue de Supermoi vs le Maire !

Il était une fois un enfant comme vous et moi, incapable de s’endormir, inquiet pour le sort du monde, blotti contre son ours en peluche. Des tonnes d’images lui trottaient en tête : tous les jours de nouveaux drames, de nouvelles apocalypses annoncées à la télé… tous les jours de nouveaux cauchemars.

La troisième guerre mondiale, le nucléaire, la couche d’ozone, les abeilles tueuses, les théories de fin du monde de presque toutes les religions… et cet Edmond Dugranger qui lui taxait sans cesse son déjeuner.

En vérité, pas besoin d’écouter les nouvelles pour avoir peur !

Enrico Toupin, notre futur héros, la connaissait bien la violence : il allait à l’école. Ça peut paraître anodin écrit de cette façon, mais certaines écoles échappaient et échappent toujours à toutes lois avec leur cour extérieure transformée en terrain de luttes et leur armée de brutes incomprises en colère.

On nous répète qu’il faut en profiter, que c’est la plus belle période de la vie, qu’après ça devient gris…

Mais…

Bref…

Deux choses pour le rassurer : son père ronflant assez fort pour chasser n’importe quelle créature dissimulée sous son lit, et la présence de son invincible Charlo, meilleur ami et inséparable acolyte depuis toujours ! Ne pouvant pas l’apporter à l’école, il ne se sentait en sécurité qu’une fois de retour à la maison. Le ciel leur tomberait sur la tête que Charlo le retiendrait d’un seul petit doigt !

Son ours en peluche était le meilleur des ours en peluche !

– Charlo, est-ce que tu dors Charlo ?
– Non, j’ai trop faim, je n’ai rien mangé depuis 8 ans… lui répondit l’ours avec humour, avant de poursuivre, tout doucement. Qu’est-ce qui te tracasse Enrico, encore cet Edmond de malheur ?
– Est-ce que t’as peur toi, de la fin du monde ?

L’ours eut beau réfléchir, mais définitivement, aucune peur ne semblait l’habiter, confiant de nature.
– Je devrais ?
– Tu as écouté tantôt tout ce qu’ils ont dit à la télé ?
– Ils disent n’importe quoi pour attirer l’attention !
– Comme Anna-Lou ?
– Comme Anna-Lou !

Un craquement se fit entendre et Enrico sursauta… fausse alerte, aucun danger à l’horizon, seulement son père (et non un monstre quelconque avec des milliards de tentacules dues aux radiations nucléaires). Enrico aurait dû s’en douter, il ne l’entendait plus ronfler depuis un moment déjà.

– Les vrais dangers, bailla doucement son père, ceux qu’on pourra régler dès qu’on sera au courant, les médias n’en parlent pas. Heureusement, ton grand-père les connait lui, il t’expliquera tout ça… mais pour l’instant, tu dois dormir parce que toi et moi, on a une super soirée de prévue demain !
– L’Écarlate !!!

Enrico eut envie de bondir de joie sur son lit en se souvenant que demain était l’un de ces jours mythiques où son père et lui passeraient la soirée à visionner le nouveau téléfilm de Mathias l’Écarlate, le superhéros légendaire qui égaillait tous leurs débuts de semaine ! Il rendait les lundis moins pénibles.

Son père replaça la couverture pour qu’Enrico et Charlo soient bien au chaud.
– Oui, l’Écarlate et devine qui il affrontera demain ?
– Les Jumeaux ?
– Le Scénariste !
– LE SCÉNARISTE ! Tout le monde à l’école disait qu’il n’oserait jamais…
– Oser, c’est tout ce qu’il faut pour devenir un superhéros !