Qu'un seul regard

telle une vilaine ruse effilochée
son essor candide me fend l’âme d’un coup de fouet
me traverse les testicules jusqu’à la moelle
m’oblige cruellement à ne voir plus qu’elle

pardonne-moi fruit interdit, je n’ai aucune manière
l’hiver me scie à la peau
le froid, la peur, ils ont inscrit en moi le vrai sens de la faim
je ne sais déjà plus vivre sans toi

laisse-moi t’enfermer dans ma paume d’hérésie, de pêchés
ma seule erreur, celle de te choisir à la vie
celle de me pendre à tes lèvres au lieu d’être
celle de te prendre toute entière, loin du monde, sans compromis

laisse-moi égorger ta misère… ou ce sera toi que j’égorgerai

crie si tu veux, il n’y aura que les sourds pour t’entendre
que ceux qui ne peuvent comprendre
je t’en pris, je t’en conjure, aime-moi, danse pour moi
de la même manière que tu m’as souri, la toute première fois…

Cyde Vennze

Dominic Fortin-Charland
8 septembre 2012