Le plus périlleux des combats, brouillon de la déclinaison absurde avec Dami (et Boniface, Rabi, Vlad, Ennori et Ferbine)

La taverne est remplie de mercenaires plus durs à cuir les uns que les autres et l’alcool coule à flot pour célébrer les victoires ou accepter les défaites. C’est le chaos total, mais l’ambiance reste festive.

Soudain, le plus dur à cuir de tous les durs à cuir, LE guerrier, Dami Zan, entre dans la taverne. Tout le monde est surpris et se retourne vers lui, bouche bée… tout le monde le croyait mort.

ZAN
Quoi, vous avez vu un fantôme ?

Un homme s’approche de lui. Il est plutôt maigre et nerveux, mais ses muscles restent saillants.

RABI
Dami, on commençait à se dire que t’étais mort !

ZAN
(amusé)
Rabi, tu sais mieux que quiconque que rien ne peut me tuer !

Il s’avance vers le bar et tout le monde reste silencieux, comme si chacun de ces pas transcendait l’atmosphère. Le tavernier se dépêche de lui servir un pichet de ce qu’il a de plus fort…

ZAN
(en s’assoyant devant le comptoir)
Laisse Boniface, serre-moi plutôt un jus de fruits s’il te plait.

BONIFACE LE TAVERNIER
Ben voyons, t’as toujours bu plus que tout le monde ici dedans !

ZAN
Jamais pendant un combat…

Le tavernier comprend, cale le pichet, puis presse des fruits avec ses mains et lui donne leur jus.

BONIFACE LE TAVERNIER
Raconte-nous ce qui se passe !

ZAN
(en calant son verre, soudainement quelque peu ému)
J’ai traversé le plus long et périlleux des combats.

RABI
Vraiment ?

ZAN
Oui…

RABI
Ah ! Ah ! C’est impossible, ça ne peut pas être plus intense que la fois où tu as humilié Vlad !

BONIFACE LE TAVERNIER
Attention tout le monde, Rabi va repartir dans ses histoires…

RABI
(en regardant Dami dans les yeux, passionné)
On était tous les deux condamnés, j’étais sûr qu’on y passerait, mais toi, t’avais un plan…

[…]

Dami Zan et son acolyte Rabi sont tous les deux attachés, retenus par de nombreuses chaînes massives, étendus aux pieds d’un bourreau. L’élite de la royauté les observe, satisfait d’humilier leurs ennemis.

VLAD LE ROI BIGLEUX
Dami Zan, guerrier légendaire des contrées oubliées et des enfers unifiés (des gémissements de femmes se font entendre, ainsi que celui d’un homme qui perd connaissance), tu es accusé d’avoir séduit toutes les femmes du royaume, à un point tel que je dois à présent me contenter de mon majordome !

ZAN
Je n’y suis pour rien si ma gigantesque épée attire l’attention dès que je me permets de l’astiquer…

VLAD LE ROI BIGLEUX
Silence ! Tu ne te rends pas compte de l’impact de tes pêchés oh vil paysan déraisonnable ! Avant mon majordome, j’ai dû traumatiser une dizaine de moutons, leurs cris resteront à jamais dans ma mémoire !

ZAN
Je vous en pris mon bon roi, épargnez-nous les détails, il y a des enfants dans l’assistance !

VLAD LE ROI BIGLEUX
Je les dirai SI JE VEUX PARCE QUE JE SUIS LE ROI ET QUE MÊME SI JE BRÛLAIS MA PROPRE MÈRE, TOUT LE MONDE ICI SE DEVRAIT DE ME REPSECTER ! Maintenant que c’est dit… pour ce qui est de toi, Rabi, le fidèle acolyte du ce malotru guerrier, tu es condamné d’avoir tenté d’annuler la sentence de ton ami en utilisant les faiblesses émotionnelles de ma tendre personne !

RABI
Avoir su que coucher avec toi ne servirait à rien, j’aurai cent fois préféré ton… joli mangeur d’hommes !

Il fait un clin d’oeil au majordome et celui-ci rougit un peu, coquet.

VLAD LE ROI BIGLEUX
Que ce soit bien clair, je vous laisserai la vie sauve seulement si Zan accepte de partager son secret de séduction avec moi ! S’il refuse, vous aurez tous deux la tête tranchée et je M’EN RÉGALERAI !

LE BOURREAU
Mon bon roi, pourrais-je garder celle de Rabi ?

VLAD LE ROI BIGLEUX
Pour… ?

Un léger silence perle l’exécution durant quelques secondes.

ZAN
Malaise…

RABI
Même moi je ne suis pas sûr d’aimer ça, j’hésite entre être séduit et m’étouffer avec mon vomi.

LE BOURREAU
J’en prendrais soin, j’ai du formol pis toute…

VLAD LE ROI BIGLEUX
Dès que nous en aurons fini avec eux, rappelle-moi de te donner l’ordre de te trancher la tête.

LE BOURREAU
Oui mon bon roi, bien sûr mon bon roi…

VLAD LE ROI BIGLEUX
Bref d’aparté d’un goût scénaristique douteux, Dami Zan, obtempéreras-tu ou devrais-je sévir ?

ZAN
Respectes-tu les femmes, les traites-tu chacune de manière unique, te laisses-tu captiver par elles ?

VLAD LE ROI BIGLEUX
Est-ce réellement nécessaire pour redorer ma couchette royale ?

ZAN
Leur souris-tu lorsqu’elles touchent ton coeur, ton âme ?

VLAD LE ROI BIGLEUX
Je souris lorsque je jouis, ça me suffit… et ça suffit aussi à mon majordome, n’est-ce pas Arthur ?

En guise de réponse, Arthur ne peut s’empêcher d’éclater en sanglots et de s’enfuir en pleurant.

RABI
(criant au majordome avant qu’il soit trop loin)
Appelle-moi !

VLAD LE ROI BIGLEUX
Ridicule, comme si sourire à celles qui me doivent dévotion allaient régler tous mes problèmes !

ZAN
Pourtant…

Le guerrier sourit à la foule, d’un sourire radieux, sincère, et le temps s’arrête, tous les adultes sont troublés, charmés. Une horde de femmes amoureuses, hystériques, avec un gars pas loin derrière, foncent sur Vlad pour le maitriser lui et ses sentinelles, ainsi que libérer Zan et Rabi !

Pendant ce temps, le bourreau regarde Vlad, rempli d’espoir.

LE BOURREAU
Gardez-moi sa tête !

Il saute dans le tas.

RABI
Ah ! Ah ! Une chance que je suis immunisé à ton charme depuis le temps !

ZAN
(pendant qu’on lui arrache ses vêtements et caresse son corps)
Vraiment ?

Il bouge l’un de ses pectoraux et Rabi fond comme tous les autres, se jetant à ses pieds.

ZAN
Voilà une autre bataille gagnée par Dami Zan, le guerrier à l’épée aux mille forgerons !

[…]

De retour à la taverne.

ZAN
Ça ne sait pas exactement passé comme ça, je ne t’ai pas laissé me toucher…

RABI
Je suis pourtant sûr que si !

ZAN
Peu importe, en comparaison avec ce que j’ai vécu, ça reste assez anodin !

RABI
T’as raison, ce n’est rien en comparaison à notre bataille contre l’armée de succubes cracheuses de lave !

[…]

Les hommes et les femmes de la taverne se battent contre l’armée en question, la plupart blessés, voire mourants. Le guerrier sait qu’il ne lui reste que quelques secondes pour sauver ses amis d’une mort certaine puisque les succubes, quelque peu lassées, cesseront bientôt de jouer, préférant les achever.

Il doit trouver un plan et vite…

RABI
(griffé à l’abdomen, regardant Dami Zan d’un air désespéré)
Il faut fuir, on n’a plus le choix…

Il s’écroule par terre, totalement épuisé, face première.

ZAN
Non, si nous fuyons, elles s’attaqueront à des innocents, peut-être même à des êtres intelligents !

RABI
Si tu as… un plan, je… je… te suis…

ENNORI
C’est facile de promettre n’importe quoi quand on est en train de crever !

Amusé par le courage de Rabi, le jeune mercenaire se penche vers lui pour regarder sa blessure.

RABI
Pourquoi chaque fois que des femmes me touchent, c’est pour tenter de me tuer ?

ENNORI
Elles doivent sentir que tu ne les désires pas !

RABI
(plus sérieux, en regardant Ennori avec une touche d’inquiétude)
Sois franc, je vais y passer… ?

ENNORI
Va falloir te ramener au village, ça va s’infecter… Zan, ça vient ce plan ?

ZAN
Je n’en trouve malheureusement aucun qui soit à la fois rapide et pacifique…

ENNORI
Peut-être qu’il vaudrait mieux reporter nos valeurs à plus tard !

ZAN
Non, je n’ai pas envie que mon jus de fruits goûte le sang.

RABI
(faiblissant)
Dites… dites au tavernier que je l’ai toujours trouvé… incroyablement bandant !

Il perd connaissance, à bout de force.

ZAN
Rabi…

ENNORI
Zan, tu vas me détester, mais ton père aurait fait quoi à notre place ?

ZAN
Ce vieux bougre aurait craché sur les succubes, insultant, arrogant, barbare, jusqu’à ce qu’elles se dégoûtent d’elles-mêmes, couvertes de bave et d’humiliation ! Mais… JE NE SUIS PAS MON PÈRE !

Il déchire sa chemise blanche, l’attache à l’extrémité de sa grosse épée bien astiquée et la lève en l’air.

ZAN
(en criant de toutes ses forces)
Je payerai un déjeuner patate bacon à toutes les succubes qui feront une trêve avec nous !

Les succubes s’arrêtent et se regardent, sceptiques.

ZAN
LE BREUVAGE ET LE SIROP D’ÉRABLE SONT INCLUS !

Les succubes s’esclaffent finalement de joie et descendent à terre pour faire la paix avec les humains.

RABI
(en regardant Zan, recouvrant un peu d’énergie)
Mon sauveur…

ENNORI
Bien joué Zan, personne ne résiste à un bon déjeuner en bonne compagnie !

UNE SUCCUBE PLUS TÊTUE QUE LES AUTRES
(en attaquant Zan de dos, prête à le transpercer de ses crocs)
Personne à part moi !

DAMI
(en arrêtant l’attaque-surprise sans peine, dramatique)
Tu n’auras qu’à te commander autre chose.

UNE SUCCUBE SOUDAINEMENT MOINS TÊTUE
(tout aussi dramatique, en lui serrant violemment la main)
Parfait !

C’est ainsi qu’humains et succubes marchèrent jusqu’au restaurant biologique et équitable le plus proche, griffe dans la main, et que Dami Zan remplit sa carte de crédit héroïque, mais limitée.

[…]

De retour à l’épique taverne.

ZAN
Ce que j’ai vécu demeure pire…

RABI
Je te crois pas, ça a été le déjeuner au restaurant le plus traumatisant de toute ma vie ! ELLES ONT MANGÉ LE SERVEUR, FAITS LEUR BESOIN SUR LA TABLE, BRÛLÉ MES PETITES PATATES EN FORME DE SOURIRE ET SURTOUT, ELLES N’ONT PAS MANGÉ LEUR SALADE !

BONIFACE LE TAVERNIER
Au moins, vous n’avez pas eu à donner de pourboires…

RABI
On ne donne jamais de pourboires.

BONIFACE LE TAVERNIER
D’où ma remarque sarcastique !

RABI
T’avais qu’à répondre à mes avances !

BONIFACE LE TAVERNIER
J’ai une femme et des enfants !

RABI
Moi aussi !

Énorme silence dans la taverne, tout le monde dévisage Rabi, quelque peu étonné.

RABI
Bon, d’accord, je viens de mentir, mais reste que cette fois-là, on a failli tous y passer… surtout moi !

ZAN
Je combattrais des milliards de succubes affamées plutôt que revivre ce qui m’a affligé cette année.

RABI
Ben voyons ! Pis la fois que t’as battu machin bine le grand mage obscur vraiment pas fin ?

[…]

Le guerrier et le grand mage obscur nommé Ferbine sont chacun de leur côté d’une falaise. Dami Zan tente de l’atteindre avec des flèches, mais l’ennemi les esquive toutes, moqueur, jouant avec lui.

FERBINE LE GRAND MAGE OBSCUR PAS FIN
Je constate que tu n’as plus de projectiles, il semble tu n’aies plus aucune chance contre moi !

ZAN
Tu as raison, j’ai perdu, ce sera pour une prochaine fois… salut et dis bonjour à ta femme de ma part !

Désintéressé, vaincu, le guerrier s’en va sans plus attendre, acceptant sa défaite.

FERBINE
Ah ! Ah ! Ah ! Je le savais que cette fois, je te battrais ! Adieu mécréant, ne t’avise plus d’essayer de contrecarrer mes plans diaboliques parce que je suis le grand Ferbine, je possède la magie des labyrinthes, celle de semer les corps autant que les esprits ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Je suis un pas fin, je te tuerai Dami Zan, toi et ton espèce d’acolyte qui me fait toujours des clins d’oeil, et une fois que ce sera fait, je mettrai ce monde à genou pour que chacun puisse embrasser mon génie ! OUI, AVEC LA LANGUE, GOULÛMENT ! Soyons fous, soyons vrais, soyons des chevaux dans l’océan !

Le guerrier, déjà loin, ne l’écoute pas et a disparu depuis longtemps de son champ de vision.

FERBINE
Oh, certes, certes, il vaut mieux que je rentre chez moi…

[…]

Ferbine sifflote en marchant vers son petit manoir en forme de fève au lard, foncièrement heureux. Sauf que lorsqu’il ouvre la porte, il surprend sa femme en train de… JOUER AUX CARTES AVEC DAMI !

SA FEMME
Chéri, ce n’est pas ce que tu crois !

FERBINE
Mais qu’est-ce alors, vilaine truie qui brise mon âme ?

ZAN
Je t’en prie Ferbine, ne parle pas ainsi à ta femme !

FERBINE
Vous l’avez fait, vous avez fait l’amour comme des bêtes dans mon petit lit d’enfant incompris !

ZAN
Non, je ne touche pas les femmes mariées, du moins, pas comme ça…

SA FEMME
Zan est venu et m’a ouvert l’esprit, il m’a montré le véritable sens de la vie, celui de la gentillesse, du pardon, du don de soi ! Je me sens tellement épanouie, tellement heureuse, il faut que tu essaies !

FERBINE
Mais, mais, je suis dégoûté, je vomis !

Il vomit.

SA FEMME
Mais mon petit oisillon, il n’y a rien de plus vrai et beau !

Il vomit encore.

SA FEMME
Ta quête de mal n’est qu’un leurre, qu’une blessure refoulée ! Je t’assure que dès que je t’expliquerai, tu ressentiras cet amour qui te manque tant. Ensemble, nous pourrons ensuite parcourir le monde pour le sauver de ce fléau qui l’incombe, en commençant par réparer tous les torts que tu as causés !

Cette fois, Ferbine vomit violemment son foie.

SA FEMME
Ça va mon chou ? Veux-tu un peu d’eau de vie, un peu de thé à la mangue avec un zeste de camomille ?
(celui-ci ne répond pas, sous le choc)
Chéri ?

FERBINE
Cesse femme qui n’a vraisemblablement pas de nom dans ce scénario, tu vas me tuer !

SA FEMME
(tristement, avec une once de colère)
Tu n’as jamais voulu le connaître…

ZAN
Elle s’appelle Liamairia.

FERBINE
Silence, taisez-vous tous les deux, je n’ai pas besoin de le savoir, je resterai inculte et méchant !

LIAMAIRIA
Je pense que tu ne m’as pas bien comprise, Ferbine…

Dami Zan fait son mystique petit sourire en coin en s’approchant du mage.

ZAN
Si tu veux la garder, va falloir que tu deviennes gentil… 1 à 0 pour moi, le pas fin !

Le guerrier s’en va, victorieux, laissant Ferbine crier son agonie, tout seul avec sa femme.

LIAMAIRIA
J’ai toujours rêvé d’adopter des bébés chiens… au moins quatre ou six.

FERBINE
(difficilement)
D’ac… D’accord…

LIAMAIRIA
Oh oui Ferbine, BAISE-MOI TORRIDEMENT ET DÉBUTONS NOTRE NOUVELLE VIE !

[…]

De retour à la SENSATIONNELLE taverne grise.

ZAN
Encore une fois, ça ne s’est pas exactement passé comme ça…

RABI
Mais reste que tu l’as terrassé, cette espèce de mage labyrinthique qui avait détruit tout le conté !

ZAN
Oui, mais je le répète, le combat que j’ai livré dernièrement fut pire que tout ce que j’ai traversé.

RABI
Pourquoi t’es pas venu me chercher ? J’aurais combattu à tes côtés, on aurait tous combattu à tes côtés !

Il se tourne vers les autres mercenaires présents et ils approuvent tous, énergiques, montrant qu’ils sont prêts à se battre à ses côtés, comme ils l’ont déjà fait une bonne dizaine de fois chacun. Tout le monde sauf un, Ennori, qui reste tout seul dans le noir, l’air nostalgique, un peu perdu, sombre.

BONIFACE LE TAVERNIER
(remarquant que Dami Zan observe Ennori, l’air pensif)
T’occupe pas d’Ennori, il a un peu trop bu…

ZAN
Un autre verre de jus s’il te plait.

Boniface s’exécute à nouveau, intrigué, attendant la suite. Un long silence suit, le guerrier semble repenser à son long combat et à combien il a souffert. Sa présence, même assise, émane d’intensité…

ZAN
J’ai traversé l’enfer, le pire des enfers. J’ai décidé de le traverser seul, orgueilleux, têtu… honteux, et je l’ai amèrement regretté ! J’ai failli y laisser ma peau, j’ai eu l’impression de mourir cent fois par jour ! Mais, je suis allé au fond de moi, j’ai puisé dans mes réserves d’humanité, dans mes forces insoupçonnées, j’ai brandi l’épée, celle de mes ancêtres, et criant d’une rage de vivre et d’amour sans précédant (il se lève, énergique, intense), je lui ai coupé la tête, je L’AI VAINCUE !

RABI
Qui ?

ZAN
(gravement)
La dépression.

Les autres le regardent confus pendant qu’il se dirige vers le solitaire, Ennori, avec son nouveau verre de jus de fruits. Rabi est le seul qui a compris et il lui sourit. Dami Zan s’assoit à côté d’Ennori et lui tend le breuvage. Le solitaire lève un peu la tête, interpellé.

L’épuisement se lit sur son visage.

ZAN
Ennori, tu n’as pas à combattre tout seul.

ENNORI
Sa tête finit par repousser, la bête est coriace.

ZAN
Je sais, je l’ai vaincue cent fois par jour pendant un an et je n’ai pas l’intention d’arrêter de me battre.

ENNORI
Tu n’es pas… épuisé ?

Le guerrier lui sourit.

ZAN
Je suis parmi vous, c’est ma victoire d’aujourd’hui… ça et le fait que cette calamité ne s’est pas montrée et qu’elle ne viendra peut-être pas plus demain. Ne perds pas espoir Ennori, continue de te battre !

Ennori reste silencieux, hésitant.

ZAN
Raconte-nous ton histoire…

Son regard plongé sur Ennori est excessivement profond. Il a les yeux d’un guerrier qui en a traversé des vertes et des pas mûres et qui est de retour encore plus fort et mâture qu’avant tous ses combats.

ZAN
… on l’affrontera avec toi.

Les hommes et femmes de la taverne s’observent, puis, ces mercenaires de longues dates, cette bande d’indomptables durs à cuir, dégainent leurs armes et entourent Ennori, prêts à l’aider dans son périple, à affronter cet effroyable fléau avec lui. Ennori sourit, pleurant un peu, ému par leur présence.

BONIFACE LE TAVERNIER
(derrière son comptoir, les observant avec fierté)
Et c’est ainsi que le guerrier triompha d’une autre bataille…

FIN

RABI
(en s’approchant subtilement du tavernier)
Pendant que tout le monde est « distrait », sois franc, toi et moi, nues dans une source chaude…

BONIFACE LE TAVERNIER
Non Rabi.

RABI
Habillés alors ?

BONIFACE LE TAVERNIER
Rabi, tu gâches un peu la magie du moment…

RABI
Une magie n’en empêche pas une autre !

BONIFACE LE TAVERNIER
Bon, d’accord, prends-moi derrière le comptoir !

Rabi, tout excité, saute par-dessus le comptoir et s’en donne à coeur joie. C’est ainsi que se terminent les aventures du guerrier et de son fidèle acolyte… et que débutent les incroyables aventures du canard !

Un canard nage dans une mare et il ne se passe absolument rien.

VÉRITABLE FIN