[Poème] L'habitude des gris égocentriques, version 2

Des discussions lentes, balisées,
contrôlées par un être cher.
Un verre, de la boucane, des endroits gris,
dans une ville qui resplendit pourtant de vie.

Inutile de me le répéter,
je sais qu’il n’y a aucun mot à dire,
qu’à moins de déranger les moeurs, les habitudes,
il faut se contenter de suivre.

Les dés lancés depuis longtemps,
leur langage devient mien,
leur sourire une excuse pour me taire.
Je suis le miroir des aveugles.

Je suis Nara, le pantin du vide !

Laissez-moi tout de même rêver d’un chaos soudain,
violent,
sans précédent,
inimaginable !

Laissez-moi rêver que les langues se délient toutes,
que d’un seul choc, la vie cesse de pourrir !

J’irai sur cette jolie plage, belle, nue,
sans cigarette, sans alcool,
sans préjugés, sans non-dits,
juste pour jouir un peu du temps qui passe.

Nara

Dominic Fortin-Charland
24 et 26 juillet 2012