Être différente et vivre, chapitre 1, troisième version bêta !

J’enchaîne les modifications et m’approche de plus de plus d’une version officielle pour ce premier chapitre ! En plus de centaines de petites améliorations par-ci par-là, quelques changements sont à l’honneur, dont une réflexion plus approfondie sur l’école, un passage plus long sur le Peigne qui Saigne et une Tangerine Clandestine un peu mieux expliquée !

En résumé, une page de plus (et ce, malgré quelques phrases qui ont été enlevés).

Téléchargement du premier chapitre, version bêta 3.0 (9 pages)

Quelques un des nouveaux passages pour ceux et celles qui n’ont pas envie de tout relire :

1 – Réflexion sur l’éducation

Je regarde les finissants serrer un par un la main du directeur en recevant leur dû et je peine à étouffer le petit pincement que j’ai au coeur. Je suis fière d’eux, mais en même temps, ça me coupe l’appétit de fossiliser ici et de les voir sourire pour cette attestation qui m’est totalement étrangère.

Je ne comprends pas ! Ce bout de papier ne fait que prouver un manque d’originalité, d’audace, qu’une capacité accrue à suivre le troupeau ! Vite vite, soumettons-nous à la masse, à quatre pattes, bien dociles, pour apprendre n’importe comment plein de matières décalées de la vraie vie !

Où se cachent les cours de cuisine, d’écologie, de participation citoyenne, d’entrepreneuriat, d’intimité, de sourires ? Pourquoi apprenons-nous toujours les mêmes genres d’écriture, de manière aussi fermée, conditionnée ? La poésie doit toujours rimer et le théâtre doit rester théorique ? Sans parler de son petit frère, la scénarisation, qu’aucun professeur de français ne mentionnera jamais, oh que non !

Ce serait tabou, bien trop concentré sur le dialogue, sur la communication ! Or, tout le monde sait que c’est mal de parler, que c’est marginal, que ça fait peur aux adultes ! Chut ! TAISEZ-VOUS ! Vous risqueriez de réveiller leurs couleurs endormies, de blesser leur gris, oh vils enfants sauvages !

Bref d’ironie, l’école cherche-t-elle à nous noyer sous la honte vis-à-vis de nous-mêmes, de notre personnalité, de notre forme d’intelligence prédominante ? Cherche-t-elle à fustiger nos besoins bel et bien différents, spécifiques, loin de leur carcan, de leur moule à étudiants identiques, numérotés ?

Même en éducation physique, vlan, toujours les mêmes sports de plus en plus balisés, de plus en plus inaccessibles au moins cool et bien portants ! Puis, BANG, meurtre prémédité des jeux comme le ballon quilles, jeu que J’ADORAIS ! Même avec mon petit maillot, même pas le droit de nager ! À quoi ça me sert d’apprendre à nager comme un petit chien, je suis une orange, je flotte toute seule !

Voilà ma théorie : derrière son grand bureau de grande incomprise, la commission scolaire cherche à nous dégoûter du sport pour qu’on n’en refasse jamais ! Même chose pour les mathématiques, matière que j’aurai pu aimer si un prof avait été capable de répondre à la question : « À quoi ça sert les maths fortes ? » Jamais je n’ai eu de réponse, jamais ! « Pour aller à l’Université ! » ne comptant pas…

Ce n’est qu’en quittant l’école que j’ai compris son sens, son travail sur la logique, sur notre joli cerveau en quête d’aventures et de diversité ! MAIS, le jeu, vous sous-estimez tellement le pouvoir du jeu ! Les mathématiques s’apprennent tellement mieux avec le pouvoir du ludisme, même chose pour la science !

Si vous ne pouvez expliquer l’utilité de ce que vous enseignez, laissez-nous au moins apprivoiser la matière à notre manière ! Vous voulez des élèves zombies ou des élèves en bonne santé ?

Au moins, si on doit se taire pour vous écouter des heures durant, parlez-nous avec passion !

Bon, bon, je me calme…

2 – Le Peigne qui Saigne et ses pépins

La Noix avec Foulard redescend les escaliers et c’est au tour de mon quatrième et avant-dernier ami « intime » de faire son apparition ! Tout le monde se tait instantanément, retenant leur souffle. Même le « bien trop chic » directeur semble mal à l’aise, ne sachant pas ce qu’il doit dire ou faire, figé.

Finalement, il tend le diplôme mécaniquement et mon sombre ami, le Peigne qui Saigne, le prend. Il redescend ensuite sans l’ombre d’un sourire, les yeux plein d’eau, perdu dans sa mélancolie.

Je l’aime bien, il est drôle ! Il pleure tout le temps et en plus, il ne rit jamais de mes blagues.

Oui, je l’aime !

Son projet d’avenir, c’est mourir et moi, je tente de le motiver à vivre.

C’est ambitieux, n’est-ce pas ?

Certaines personnes disent que si le Peigne qui Saigne n’a pas encore passé à l’acte, ça veut dire qu’il ne le fera jamais, mais c’est carrément stupide ! Je n’en reviens pas de toute l’incompréhension et les préjugés qui entourent les idées suicidaires, comme s’il s’agissait de faiblesse, ou pire, d’un besoin d’attirer l’attention ! NON, ABSOLUMENT PAS ! Les pépins, chaque organisme vivant en a !

Oui oui, je vous le dis !

Les pépins des peignes sont juste plus subtils, plus difficiles à saisir.

Ils demandent plus de temps…

Du temps…

Je l’ai recueilli sous ma pelure voilà maintenant trois ans et pourtant, il ne va pas mieux. C’est la seule personne de mon entourage que je n’ai pas réussi à aider ne serait-ce qu’un peu !

J’espère qu’au moins, le fait de m’avoir à ses côtés lui offre la stabilité et le support dont il a besoin pour chaque matin, se convaincre de survivre à une autre journée, jusqu’à ce qu’il puisse à nouveau rêver !

Alors, chaque jour, je lui parle et lui souris !

3 – L’imaginaire de la Tangerine Clandestine

Ma douce moitié agrume voudrait créer sa petite librairie et ne jamais cesser de lire de nouveaux livres ! En fait, se sentant coincée dans une personnalité terre à terre qu’elle se croit obligée de revêtir, elle a toujours aimé laisser voyager son imaginaire ! Je pense qu’inconsciemment, elle croit que ses proches l’aimeraient moins si elle osait exister un peu plus ou se montrer un peu moins « dévouée ».

Puis, un versus entre l’ancienne et la nouvelle version d’un même passage :

Nouvelle

Ma mère ne l’approuve pas souvent, mais quand elle le fait, ça me fend le cœur.
– Je sais, que je conclus simplement, voulant mettre un terme à la discussion.
– Ta mère et moi, on a décidé de t’offrir trois possibilités, continue quand même mon père.

Je vous épargne les détails de cette longue discussion remplie de conditions, de « si tu » et « d’argent, d’argent, encore d’argent » ! En réalité, j’ai deux choix : à moins de terminer mes études, je dois quitter la maison. J’aurais aimé rester encore un peu, le temps de peaufiner mes petits talents artistiques et de réfléchir à ce projet d’entreprise qui réunirait tous mes amis. Mais, cette possibilité n’existe pas…

Pour eux, il n’y a que trois chemins possibles : terminer mes cours à distance en leur montrant mon avancée chaque semaine ; retourner à l’école suivre des cours aux adultes à temps plein ; ou encore, trouver un appartement et devenir indépendante financièrement en me trouvant un travail salarié. Au final, peu importe la décision, il me restera bien peu de temps pour bâtir ma propre voie…

Un peu secouée vis-à-vis leurs gentilles et limitées propositions, je ne peux que répondre :
– Ce serait tabou si je proposais autre chose ?

Mes parents me dévisagent, ils n’ont pas l’intention de répondre…

Je ne comprends pas pourquoi ils sont si fermés.

Ancienne

Ma mère ne l’approuve pas souvent, mais quand elle le fait, ça me fend le cœur.
– Je sais, que je conclus simplement, voulant mettre un terme à la discussion.
– Ta mère et moi, on a décidé de t’offrir trois possibilités, continue quand même mon père. La première, on te laisse un an pour terminer tes cours à distance et te trouver un travail à temps partiel pour les payer. La deuxième possibilité, tu retournes à l’école suivre des cours aux adultes à temps plein et tu nous montres des résultats d’ici un an. La dernière, tu te trouves un appartement et deviens indépendante financièrement.
– Pourquoi il n’y a que trois possibilités ?

Je ne peux m’empêcher de poser cette question, je ne comprends pas pourquoi ils sont si fermés.