Adame Toupin, le père d'Enrico (Supermoi)

Le jour où Constance, sa femme, lui annonça qu’il allait être papa, Adame Toupin se prit en main. Voulant assumer les responsabilités de père de famille, il quitta une partie de ses rêves et trouva un travail de vendeur d’espaces publicitaires au sein d’une grande entreprise dans laquelle a jadis travaillé son père, Dotovipe. L’artiste laissa tomber sa jeune carrière, ses chansons et ses poèmes, cherchant une certaine stabilité.

Il travailla comme salarié encore et encore, répondant à des exigences souvent fort désagréables et continuant de délaisser peu à peu ce qui lui restait de rêves. De cette manière, Adame se rendit malade et neuf ans plus tard, il tomba en épuisement professionnel, incapable de continuer, arrivant à peine à quitter son lit. À vrai dire, cet épuisement ne datait pas d’hier, mais il l’avait sous-estimé si longtemps pour continuer de respecter ses responsabilités qu’au final, il s’est écroulé, sans rêve, vidé.

Inquiet, son fils Enrico va le voir, essayant de comprendre la situation. Son père est content de le voir et lui dit de ne pas s’en faire, qu’il sera sur pied très bientôt. Mais Enrico reste tout de même à ses côtés et lui demande de lui parler du temps où il avait un groupe de musique, de poésie et de théâtre, les Super-Héros en bobettes. Adame n’y tient pas, mais dès qu’il commence, il ne s’arrête plus, animé par la lueur grandissante dans les yeux de son fils, celui-ci captivé par toutes les histoires de son père.

À ce moment, Adame comprend qu’être père, ce n’est pas de travailler comme un forcené en oubliant ses rêves, mais plutôt de partager ses mêmes rêves pour nourrir ceux de son fils. Il comprend que c’est la peur d’échouer qui l’a poussé à arrêter et non le manque de talents ou la venue au monde d’Enrico. Il aurait pu réussir ou du moins, continuer à temps partiel ; oublier de rêver ne lui a servi à rien !

Les responsabilités n’empêchent pas les rêves, elles les poussent parfois même à grandir, à oser.

Mais, Adame ne regrette rien puisque dans les yeux de son fils, il demeure un superhéros.