Boris est Charlie.

Charlie Hebdo est à l’origine de la caricature qui m’a le plus touché, et amusé. Mon personnage Boris Von Oris, né pour caricaturer la société, et la critiquer avec humour, ne pouvait se taire face à ce qui s’est passé… Ça a été difficile à écrire, comme c’est difficile d’accepter ce qui s’est passé.

Bref, pour arrêter d’enrager derrière mon écran, j’ai décidé d’écrire.

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Sourire

J’écris souvent des petites choses pour me réveiller l’esprit avant une journée d’écriture. Des fois, ça donne n’importe quoi, des fois c’est moins pire, des fois c’est carrément catastrophique. Je vous laisse deviner de quelle fois il s’agit :

Folio Mentol
Cela fait dix ans que tu t’acharnes à coup de plumes et d’épées. Tu n’as jamais gagné, si ce n’est que des victoires partielles ou amères. Je t’ai vu perdre la face, le goût de vivre, ta santé, tes amis… tu as même perdu ton « inébranlable foi » et pourtant, tu n’as jamais abandonné. Qu’attends-tu exactement ?

Dami
J’aime sourire. Au quotidien, je n’ai jamais envie de rire, je n’esquisse jamais le moindre rictus, mais parlez-moi d’enfers improbables, de fins du monde ou d’un gamin qui se fait battre par ses confrères et je sourirai. J’ai longtemps cru que c’était l’amour ou la foi qui m’animait, qui me plongeait dans des combats impossibles, mais ça n’a rien à voir… Quand quelqu’un me parle d’une situation désespérée, je m’amine, je saisis ma plume, ou mon épée, je marche vers le danger et je souris, prêt à prendre tous les coups et à sauver le monde. Ça n’a rien à voir avec l’amour ou la foi, le cerveau n’est qu’une mécanique comparable à une voiture téléguidée… La mienne est brisée. Je suis un fou de justice qui n’abandonnera jamais et pour ça, il n’y aucun médicament. Je ne crois plus en rien, mais je souris toujours et ce sera amplement suffisant pour accomplir ce que tout héros souhaite accomplir : faire en sorte de partager ce sourire avec quelqu’un, n’importe qui, juste pour ne plus être seul dans mon utopie. Partager ce bref instant de vérité, cet instant où la Terre se soulève à l’intérieur de moi pour accomplir le meilleur de moi-même, c’est ma seule manière d’exister. Peu importe si je gagne ou pas, je veux juste… exister.

Folio Mentol
Si j’avais su que ta réponse serait aussi rébarbative, je me serais abstenu de te poser la question. Mais bon, je connais ce sourire… Dommage que le mien n’existe que pour tout détruire.

Dami
C’est déjà ça, ça reste un sourire… C’est déjà mieux que la solitude.

Folio Mentol
Tu es définitivement complètement fou.

Dami
Ah ! Ah ! Juste assez pour te comprendre.

La prostituée et l'écrivain (version 1.0)

La prostituée et l’écrivain
Scénario de long-métrage

Version 1.0
12 octobre 2007

Par
Dominic Fortin-Charland

Un projet, deux projets, trois projets
Il promet
« Je te sauverai, je te sauverai
Jamais je ne te laisserai en crever »

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[Court texte] Ben voyons !

Souper familial. Il y aurait tant à dire, on ne se voit pas souvent. Mais tout tourne autour de moi, d’un moi que je n’aime pas. Peu importe l’ambition, ce que j’ai traversé, y’a que des « ben voyons ».

– Ben voyons, tu devrais apprendre à conduire ! Tout le monde conduit !
– Non papa, mes yeux s’embrouillent dès qu’il y a des mouvements…

– Ben voyons, tu devrais digérer le lait, tout le monde boit du lait !
– Non merci maman, je préfère le jus d’orange. Bio si possible !
– Ben voyons, manger bio ça ne sert à rien ! Le voisin mangeait bio pis y’est mort du cancer !
– Le goût est différent, je les goûte les altérations.
– Ben voyons, c’est dans ta tête !
– Ben si c’est ça, je l’aime, ma tête.

– Ben voyons, tu devrais te trouver un vrai travail, tout le monde a…
– J’ai un vrai travail.
– Oui, mais tu ne gagnes pas bien ta vie.
– Ça va, je mange bien… ça me suffit.
– Qu’est-ce que tu feras quand tu voudras une maison, des enfants, un char ?
– Je n’en veux pas.
– Ben voyons, tout le monde doit apprendre à conduire !
– …

– Ben voyons, tu devrais manger avec tes mains, tout le monde mange avec ses mains !
– Oui, peut-être, mais ça m’angoisse… C’est comme ça, j’ai été trop longtemps malade. Mais c’est sûr que je préférerais le goût des ustensiles en bois à ceux des ustensiles de métal. Ça goûte trop.

– Ben voyons, enlève ta casquette à table, tout le monde doit le faire, c’est le règlement !
– Je l’ai dit 100 fois, mes yeux sont photophobes, ça m’évite des maux de tête.
– Tu prendras une aspirine ! Pis mange ta viande !
– Je suis végétarien.
– Ben voyons, l’être humain a toujours mangé de la viande ! Mange ta viande !
– Non merci, même si je voulais, je ne digère pas la viande rouge.
– À ton âge, tout le monde digère la viande rouge !
– Ben pas moi.
– Ben voyons !

– Ben voyons, tu ne bois pas ton lait ? Tout le monde doit boire du lait ! C’est bon pour les os !
– C’est pas totalement vrai…
– Bon, une autre affaire que tu voudras plus manger ?
– Est-ce qu’on pourrait changer de sujet ?
– La sociologie… c’est ben ça la sociologie ?
– Oui papa…
– Tu peux vraiment gagner ta vie avec ça ?
– Oui…
– Tu gagnes combien ?
– Juste assez pour me payer du restau.

Je m’éclipse dehors. Il fait affreusement froid. J’appelle un taxi.

L’idée me vient de m’évader en forêt, de m’y perdre.

« Ben voyons, ce n’est pas grave de mourir, tout le monde meurt ! »

Dami

Dominic Fortin-Charland
31 décembre 2013

Un autre poème que personne ne lira justement parce qu'il s'agit d'un poème (brouillon, premier jet)

Je défaille
Une raison calculée qui s’effrite
Qui m’ennuie, qui m’effraie
On cherche à me méconnaître…

Tu me disais de me taire, de les laisser faire
Et j’aimais ça
« Souris ! »
Et ils seront les chats

Déjà trop de combats
Je ne sais ni me vendre ni m’aimer
Si ce n’est que moi, inutile de guerroyer
Inutile de vivre

Mais plus d’estime, plus rien…
Que quelques vides qui baisent en vain
Passent le temps
Rigolent… puis craquent

Un visage qui se décompose
Qui pourrit
Pas d’histoires de morts-vivants, juste celle d’un imbécile
Sans vérité, sans vie

Ah, masque adoré, dévoré…
Je déteste ces instants d’éternité où tu m’abandonnes.
À la face du monde, laisse-moi faire fie de moi-même
Laisse-moi aimer

Être comme eux…

Mille et une histoires d’enfants qui veulent faire partie du monde
Qui ne veulent plus manger de terre, finir en poussière
Juste un enfant qui perd son âme
À coup de tentatives d’être aimé

Puis qui se dit, à force d’échecs
Qu’il n’a peut-être qu’à rester discret
Qu’à disparaître un peu
Pour qu’on le remarque… un peu

Juste un peu…
Mais pas trop
Plus qu’un peu, on le déteste
On le détestera de toute façon

Reviens stupide masque adoré
Laisse-moi me dire que je suis heureux
Laisse-moi me faire croire que c’est ma vie
Laisse-moi juste y rêver

Une petite vie mieux que rien
Un bon samaritain
Une petite blonde
Des congés

Et le reste de la vie pour regretter

Désolé cicatrices, désolé cher combat, chers enfers
Je devais manger
Je ne pouvais pas constamment y penser
Je devais manger…

Regarde-moi
Même sans masques je me mets à leur ressembler
Je ne sais plus
Je ne sais juste plus

Un château de cartes essoufflé
Tombe l’humanité, ressuscite l’épouvantail
Un triste constat de vacuité

Derrière, qu’un enfant qui crie
Qui déchire la vie à pleines dents
Qui maudit l’injuste de grandir au sein d’une société de fous, de lâches
Qu’un enfant qui n’aurait jamais dû se taire

Dominic Fortin-Charland
20 juin 2013

Le conte de la fée parmi les orgres, version alpha 2.0 !

Voici une nouvelle version du conte de la fée parmi les ogres (vous pouvez la comparer avec l’ancienne version qui est ici) ! Je ne suis toujours pas sûr pour la fin, d’où le fait de l’emploi du terme « alpha » ! Tout peut encore changer ! Je pense la raccourcir, entre autres…

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Masha (l'Orange Étrange) et l'école !

Voici une nouvelle version (la quatrième) de l’introduction du roman Être différente et vivre, un texte écrit dans la peau de Masha (alias l’Orange Étrange) ! Elle y donne ses impressions sur l’école secondaire d’une manière franche… et colorée ! Comme moi, elle a regardé la remise des diplomes de ses amis en restant sur le banc de touche… tout en s’inquiétant pour l’avenir de chacun… y compris du sien. À l’école, avons-nous appris à « conserver notre saveur » ?

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Sans temps ni sens, poème écrit dans la peau de Maius

Déjà si longtemps
Trop longtemps
Depuis ton dernier sourire

Je cherche les mots
Un style, une allégorie, la moindre originalité pour lui rendre hommage
Mais c’est vain…

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« L’horloge sonne », version 2

L’horloge sonne.

Mes doigts immaculés de sang me demandent de l’arrêter, d’en finir, mais ma femme demeure aussi belle que lors de notre première rencontre. Cette réalité me rassure, je m’y accroche ; je lui demande une dernière danse chaque fois que la vie m’accorde un nouveau jour.

Elle me répond qu’elle ne peut plus danser, triste, sévère, comme si je devais me souvenir de ses jambes handicapées.

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