Supermoi vs le Maire : chapitre 2

Un autre événement encore plus terrifiant se préparait. En effet, dès son réveil, une seule pensée traversa l’esprit de Mariska, se débarrasser des exposés oraux obligatoires du ministère de l’Éducation.

L’idée de vite rentrer chez elle l’obsédait !

Elle se préparait déjà à attribuer des notes aléatoires juste pour s’éviter l’incommensurable calvaire d’écouter pour de vrai. Son cerveau explosait, saturé, l’institutrice rêvant de s’écraser devant la télévision pour oublier que l’homme de ses rêves l’a trompé avec la belle Julie Capucine.

Xavier Dimanche, comme elle pouvait le haïr, amoureusement, passionnément, à la folie.

La théorie de Mariska : il y a toujours une Julie plus belle que toutes les autres, prête à séduire pour augmenter les statistiques de femmes cocues. Les Julies, toutes des robots inventées par des anges misogynes cherchant à créer le paradis des hommes en se moquant que ça devienne l’enfer des femmes ! Ces Julies, toutes parfaites, coquettes, toujours prêtes à sourire à monsieur le monde !

Naturellement, c’était faux, chaque femme ayant ses propres charmes. Ceux de l’exotique Mariska était tout simplement étouffés par la mort de son estime personnelle. Comprenez-la, dans son jeune temps, elle baignait dans dix millions d’espoirs romantiques, autant envers son homme qu’envers la vie. Le métier de professeur, elle l’avait choisi par pur désir pédagogique, presque maternellement…

Le système l’a vite mise KO, lui enlevant tout rapport positif envers elle-même.

Continuer la lecture de « Supermoi vs le Maire : chapitre 2 »

Supermoi vs le Maire : chapitre 1

Les cloches sonnaient à travers les murs beaucoup trop gris de l’école des Trois Feuilles, celles-ci annonçant le début d’un autre de ces lundis matin fort pénibles. Tout le monde, élèves comme professeurs, s’activait dans un chaos sans nom, chacun prêt à toutes sortes de pirouettes ridicules et quelque peu humiliantes seulement pour ne pas perdre la face en arrivant en retard à son cours.

Tout le monde sauf Enrico Toupin.

Cet éternel rêveur n’avait même pas entendu les cloches ni même remarqué la course effrénée de tous ses semblables. Une seule chose l’importait : sourire à cette mignonne petite coccinelle sur son doigt.

La nature le fascinait : cette diversité, cette liberté et dans le cas du joli insecte aux poids rouges, cette possibilité de déployer ses ailes pour s’envoler dans le ciel azur, les cheveux défaits se ballottant au gré des vents, loin des bruits assourdissants de la ville, et de ce traumatisant smog urbain d’heure de pointe.

Pourquoi les humains, supposés si intelligents, utilisaient-ils encore de vulgaires voitures polluantes ?

Pourquoi les homo sapiens, supposément supérieurs à toutes autres espèces animales, passaient-ils plus de temps à détruire leur habitat naturel plutôt qu’à tenter d’y survivre ? Pourquoi agissaient-ils comme des bêtes, aboyant et se mordant pour des territoires, pour des biens qui ne devraient pas être possédés ?

Le vent, l’eau, la terre, pourquoi chercher à les faire disparaître, à les transformer en or ?

Pourquoi cherchaient-ils à les amoindrir, à les défaire de leur réelle valeur ?

À cet instant, cette coccinelle dans ses mains représentait un monde plus vrai que le sien, un monde où aucune valeur n’était tronquée pour satisfaire les lubies d’une horde de consommateurs sauvages.

Toute sa vie, cette magnifique coccinelle prendra le temps de vivre, d’aimer, pendant qu’autour d’elle, des milliards de zombies humanoïdes travailleront pour leur reine mère, un gros signe de dollar.

Il s’agissait là du genre d’injustices qu’Enrico ne comprenait pas vraiment et dont l’école ne parlait jamais. Voilà pourquoi celle-ci l’intéressait si peu et pourquoi le son des cloches l’indifférait autant.

Une chance pour lui (oui, je suis sarcastique), Edmond Dugranger passait par là. Aussi peu pressé que lui, il prit le temps de saisir la coccinelle pour l’écrabouiller sadiquement en refermant son poing.
– Les types comme toi n’ont pas le droit d’avoir d’ami, face de cheval pas de cou !

Continuer la lecture de « Supermoi vs le Maire : chapitre 1 »

Supermoi vs le Maire : prologue

Il était une fois un enfant comme vous et moi, incapable de s’endormir, inquiet pour le sort du monde, blotti contre son ours en peluche. Des tonnes d’images lui trottaient en tête : tous les jours de nouveaux drames, de nouvelles apocalypses annoncées à la télévision… tous les jours de nouveaux cauchemars.

La troisième guerre mondiale, le nucléaire, la couche d’ozone, les abeilles tueuses, les théories de fin du monde de presque toutes les religions et cet Edmond Dugranger qui lui taxait sans cesse son déjeuner.

En vérité, pas besoin d’écouter les nouvelles pour avoir peur !

Enrico Toupin connaissait bien la violence de sa petite planète : il allait à l’école. Cela peut paraître anodin écrit de cette façon, mais certaines écoles échappaient et échappent toujours à toutes lois avec leur cour extérieure transformée en terrain de luttes et leurs armées de brutes incomprises en colère.

Continuer la lecture de « Supermoi vs le Maire : prologue »

Supermoi vs le Maire : interlude (version alpha 3)

Au chevet du jeune héros endormi, deux yeux rouges sang brillaient dans la pénombre.

Il y avait là soit un homme, soit une créature, soit quelque chose d’encore plus inquiétant. Charlo restait aux aguets, prêt à défendre son protégé, pendant qu’un sourire se dessinait parmi les traits de la nuit ; un sourire violent, puissant. Un sourire aux mille euphories, aux mille douleurs, aux mille colères.

Continuer la lecture de « Supermoi vs le Maire : interlude (version alpha 3) »

Supermoi vs le Maire : interlude (version alpha 1)

Pendant ce temps, à l’extérieur, juste à côté de la fenêtre de la chambre d’Enrico Toupin, deux yeux rouges sang aux aguets brillaient dans la pénombre. Il y avait là soit un homme, soit une créature, soit quelque chose d’encore plus inquiétant. Un sourire se dessinait également parmi les traits de la nuit, un sourire violent, puissant. Un sourire aux mille euphories, aux mille douleurs, compréhensions.

Une voix glaciale se joignit à celui-ci :
– Enrico Toupin, j’envie ton enfance, ta naïveté. Tu es un assoiffé de justice, d’humanité, tu ne les abandonneras pas coûte que coûte… quitte à en souffrir, quitte à en perdre la raison. Enrico Toupin, tu t’es trompé de planète, ici les hypocrites, les manipulateurs, les tyrans… ici les briseurs d’âmes s’en sortent à bon escient dès qu’ils possèdent argent, arme, charisme, tribune ou larmes de crocodile.

Continuer la lecture de « Supermoi vs le Maire : interlude (version alpha 1) »

Supermoi vs le Maire : suite du chapitre 4 (version alpha)

– C’est vraiment ça votre dessin animé préféré ? demanda Constance, franchement troublée.
– Fiston, je déclare cette soirée désormais interdite aux bonnes femmes ! répliqua Adame, amusé.
– Aux bonnes femmes ? Je vais t’en faire moi, une bonne femme !

Son restant de verre d’eau termina « malencontreusement » ses jours sur l’entrejambe d’Adame ! « Oups ! » esquissa-t-elle, l’air innocent. Enrico s’esclaffa à son tour, grand admirateur des blagues de sa mère.

– Papa a fait pipi dans son pantalon !

Continuer la lecture de « Supermoi vs le Maire : suite du chapitre 4 (version alpha) »

Supermoi vs le Maire : début du chapitre 4 (version alpha 2.0)

Son casque gisait sur le sol, sa lance plantée au travers en symbole de défaite. Par chance, sa tête ne s’y trouvait pas, Sauterelle demeurant enchaîné et inconscient, à quelques pas de la bataille finale entre son pire ennemi et son sauveur. Son acolyte Mathias l’Écarlate et l’effroyable scénariste, Scènare Seiacas, s’affrontaient depuis des millénaires et voilà qu’enfin, l’un d’eux allait en sortir vainqueur !

Mathias s’embrasait littéralement d’un feu immortel et d’une lave en fusion destructive, son corps ne se contrôlant plus, emporté par la rage, la démence. La seule vue du corps inerte de son meilleur ami le rendait fou, quand d’habitude, il restait sain, zen, prêt à pallier à n’importe quelle situation.

Continuer la lecture de « Supermoi vs le Maire : début du chapitre 4 (version alpha 2.0) »

Supermoi vs le Maire : chapitre 3 (version alpha 1.1)

En fin d’après-midi, quelques heures à peine après les précédents événements, la directrice convoqua tous les enfants impliqués, ainsi que leurs parents. Elle les regardait durement, impassible, l’air de les analyser dans le seul but d’imposer son jugement final et non négociable. Suzanna Zulrique avait toujours été ainsi, une véritable lionne qui fixe sa proie en attendant le bon moment pour la croquer.

Presque tout le monde était là : Enrico Toupin et ses parents ; Jacob Boivin et ses parents ; Edmond Dugranger et son père ; Anna-Lou Bopha-Tekzameya et sa mère ; Lawrence et… absolument personne. Un homme d’un âge avancé se retrouvait également seul, sa fille, Zelle X, ayant fui la petite réunion.

Continuer la lecture de « Supermoi vs le Maire : chapitre 3 (version alpha 1.1) »

Supermoi vs le Maire : chapitre 2 (version alpha 1.1)

Dès son réveil, une seule pensée traversa l’esprit de Mariska Dimanche : se débarrasser des exposés oraux obligatoires du ministère de l’Éducation. L’idée de vite rentrer chez elle l’obsédait !

Elle se préparait déjà à attribuer les notes aléatoirement juste pour s’éviter l’incommensurable calvaire d’écouter pour vrai. Son cerveau explosait déjà, saturé, l’institutrice rêvant de s’écraser devant la télévision pour oublier que l’homme de ses rêves l’a trompé avec la belle Julie Capucine !

Xavier Dimanche, comme elle pouvait l’haïr, mais quand même l’aimer…

Continuer la lecture de « Supermoi vs le Maire : chapitre 2 (version alpha 1.1) »